Sécurité

Rwanda : le gouvernement confirme l’arrestation de Callixte Nsabimana, visé par un mandat d’arrêt

Kigali, au Rwanda (photo d'illustration). © Vincent Fournier/Jeune Afrique

Le ministre des Affaires étrangères, Richard Sezibera, et le Rwanda Investigation Bureau (RIB) ont confirmé le 30 avril l'arrestation de Callixte Nsabimana, qui se fait appeler Callixte "Sankara", deuxième vice-président du Mouvement rwandais pour le changement démocratique (MRCD), groupe rebelle en exil et porte-parole de sa branche armée, les Forces nationales de libération (FNL), qui affirmait mener des attaques dans le sud du Rwanda.

Plusieurs médias, notamment en Ouganda, avaient rapporté mi-avril l’arrestation du dissident rwandais Callixte Nsabimana, alias Callixte « Sankara », recherché depuis plusieurs mois par les autorités rwandaises et visé depuis le début de l’année par un mandat d’arrêt. Deux semaines plus tard, le 30 avril, le Rwanda Investigation Bureau (RIB) a confirmé dans un communiqué sa détention suite à une arrestation dont les conditions restent aujourd’hui encore floues.

Le ministre rwandais des Affaires étrangères Richard Sezibera a lui aussi confirmé l’information lors d’une conférence de presse ce mardi, sans donner plus de précisions sur les circonstances. « Il a été arrêté en collaboration avec certains États », résume à Jeune Afrique une source officielle sans donner plus de détails, alors que plusieurs rumeurs faisaient état d’une arrestation aux Comores.

« Nsabimana était recherché pour plusieurs infractions commises sur le territoire rwandais », explique le communiqué du RIB, précisant qu’il est accusé de « formation d’un groupe armé irrégulier, complicité dans la commission d’actes terroristes, complot et incitation à commettre des actes terroristes, prises d’otages, meurtres, pillages ». « Le dossier de Nsabimana sera soumis à la National public prosecution authority [NPPA, le parquet, ndlr] conformément à la loi rwandaise de procédure pénale », conclut le RIB.

Attaques dans le Sud

Ancien membre du Rwanda National Congress (RNC), mouvement d’opposition en exil de l’ancien général rwandais Kayumba Nyamwasa aujourd’hui domicilié en Afrique du Sud et lui aussi visé par un mandat d’arrêt, « Sankara », ancien étudiant en droit au Rwanda, était entré en dissidence avec le RNC avant de rejoindre le Mouvement rwandais pour le changement démocratique (MRCD), fondé en juillet 2017. Resté depuis le deuxième vice-président du MRCD, il est devenu porte-parole de sa branche armée, les Forces nationales de libération (FNL). Créées en juillet 2018, elles avaient rapidement revendiqué des incursions dans cinq districts du Sud, dont celui de Nyaruguru, frontalier avec le Burundi. Des attaques qualifiées à l’époque de « rumeurs vides » par la police rwandaise. Plus récemment, Callixte « Sankara » avait également affirmé contrôler certaines parties de la forêt de Nyungwe dans le sud du Rwanda. Des affirmations une nouvelle fois démenties par les autorités rwandaises.

Le MRCD est né d’une convergence de différents mouvements rebelles dont le CNRD (Conseil national pour le renouveau et la démocratie) et le PDR-Ihumure (Parti pour la démocratie au Rwanda). Ce dernier était présidé par Paul Rusesabagina, héros contesté du film Hôtel Rwanda et ex-directeur du prestigieux établissement de la capitale rwandaise qui a servi de refuge à plus de 1 200 personnes pendant le génocide des Tutsi. Il est lui aussi visé par un mandat d’arrêt.

Callixte Sankara devrait donc comparaître prochainement devant la justice rwandaise, et ce alors que les premières audiences de La Forge Fils Bazeye et Theophile Camara Abega – deux cadres des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) arrêtés mi-décembre par les services congolais avant d’être discrètement transférés à Kigali mi-janvier – ont commencé début avril. Les FDLR sont accusées par Kigali de collaborer avec le RNC, avec le soutien logistique de Kampala. 

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