Société

Libye : l’ONU s’attend à une « détérioration » de la situation humanitaire

Des migrants à Zaouïa, une ville située à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Tripoli. © Hazem Ahmed/AP/SIPA

« Il faut s’attendre à une détérioration » de la situation humanitaire déjà « grave » dans la région de Tripoli, en proie à des combats depuis le 4 avril, a déclaré dimanche Maria do Valle Ribeiro, l’adjointe de l'émissaire de l’ONU en Libye.

Des combats se déroulent depuis plus de trois semaines au sud de la capitale libyenne entre les forces loyales au Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale, et celles du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est du pays qui a lancé le 4 avril une offensive pour conquérir la ville.


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« Tant que cette situation [militaire] continue, il faut s’attendre à une détérioration » des conditions humanitaires, a déclaré Maria do Valle Ribeiro dimanche soir. « Quand on voit l’utilisation de moyens aériens, les bombardements sans discernement de zones densément peuplées, comme on l’a vu la semaine passée, il est difficile d’être optimiste », estime la responsable adjointe de la mission d’appui de l’ONU en Libye (Unsmil), chargée notamment de l’aide humanitaire.

278 morts et plus de 40 000 déplacés

Si 40 100 civils ont déjà fui, certains sont toujours bloqués dans les zones de combats, difficiles d’accès pour les services de secours et les humanitaires. Par ailleurs, « 3 500 migrants et réfugiés sont en danger dans des centres de détention situés près des zones d’affrontement », a-t-elle souligné, en précisant que 800 ont déjà été évacués. « C’est pourquoi nous continuons d’appeler au respect des civils, à des pauses humanitaires [dans les combats], et surtout nous continuons d’espérer une solution pacifique de la crise », a ajouté Maria do Valle Ribeiro.

Maria do Valle Ribeiro s’est dit également préoccupée par l’impact du conflit sur les services de base dans la capitale libyenne

Depuis le 4 avril, au moins 278 personnes ont été tuées et 1 332 blessées, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Maria do Valle Ribeiro s’est dit également « préoccupée » par l’impact du conflit sur « les services de base » dans la capitale libyenne, les « approvisionnements en eau et électricité » et les services médicaux, ou « la disponibilité des produits de base et leurs prix ».

En proie à l’instabilité depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est à nouveau plongée dans la violence depuis le 4 avril et l’offensive lancée par Khalifa Haftar sur Tripoli, siège du GNA dirigé par Fayez al-Sarraj. Après une rapide progression, les troupes de son autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) ont été repoussées par les forces loyales au GNA et les combats se concentrent au sud de la ville.

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