Politique

Crise anglophone au Cameroun : John Fru Ndi libéré après quelques heures de captivité

L'opposant camerounais John Fru Ndi, président du Social Democratic Front (SDF). © Sunday Alamba/AP/SIPA

L'opposant camerounais John Fru Ndi, président du Social Democratic Front (SDF), a été libéré quelques heures après avoir été enlevé, samedi 27 avril, par des individus non identifiés, alors qu’il se rendait dans la ville de Kumbo.

John Fru Ndi est libre. Le leader du Social Democratic Front (SDF) a retrouvé la liberté après quelques heures passées comme otage d’individus non identifiés, a-t-on appris auprès de plusieurs responsables de son parti. « Fru Ndi a été kidnappé alors qu’il se rendait à l’enterrement du député Joseph Banadzem à Kumbo», indiquait alors à Jeune Afrique un cadre du SDF.

Selon des sources locales, l’opposant historique du président Paul Biya était à la tête d’un convoi d’une dizaine de véhicules, lorsque des individus armés les ont interceptés, contraignant le leader du SDF à les suivre.

Flou sur l’identité des ravisseurs

Quelques heures plus tôt, une messe s’était tenue au domicile de John Fru Ndi, à Ntarinkong, en mémoire du disparu. Au cours de l’oraison funèbre, l’opposant avait assuré que le regretté Joseph Banadzem, décédé le 30 mars dernier, devait être « enterré avec dignité ». Il a ainsi indiqué qu’il se rendrait personnellement à Kumbo, dans le nord-ouest du pays, malgré les menaces proférées par les groupes séparatistes.

« Ils ont annoncé qu’aucun étranger ne devait venir à Kumbo pour cet enterrement. Seuls les ressortissants de la ville et les membres de la famille étaient autorisés à s’y rendre », indique une source proche de la famille.

L’identité des ravisseurs demeure floue, mais pour certains, les coupables semblent trouvés. « Ce sont certainement les milices séparatistes », a confié, sentencieux, le député Joshua Osih, joint par Jeune Afrique.

Sans nouvelle du frère de John Fru Ndi

C’est la deuxième fois en moins de deux semaines que la famille de l’opposant John Fru Ndi est victime d’ enlèvement. Le 19 avril dernier, Kingsley Azeh, le frère cadet du chairman a été, lui aussi, enlevé dans le ranch familial, situé à Baba 2.

Il s’y était rendu pour récupérer du bétail saisi par un groupe de séparatistes, qui exigeaient la somme de 200 000 francs CFA comme rançon.

Les ravisseurs ont également capturé deux employés du ranch, et exigé 6 millions de francs CFA pour leur libération.

« Des bandits »

« La cause anglophone a été détournée par des bandits. Ils me demandent de financer les combats, je ne verserai pas un centime », avait assuré à la presse John Fru Ndi.

Une série d’enlèvements regrettée par certains membres de la cause ambazonienne, qui ne se cachent plus pour dénoncer des « dérives ». « Les forces ambazoniennes n’ont pas été formées pour commettre tous les abus qui existent sur le terrain. Ce sont les forces dirigées par les membres du gouvernement camerounais qui se cachent derrière ces enlèvements » a ainsi indiqué le 25 avril Chris Anu, l’un des
principaux activistes sécessionnistes, sur les antennes de Voice of America.

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