Justice

L’opposant équato-guinéen arrêté au Tchad est rentré libre à Malabo

Le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, lors d'une visite au Nigeria, en 2015. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Soulagé mais « préoccupé », l'opposant équato-guinéen Andres Esono Ondo arrêté le 11 avril au Tchad et libéré mercredi, est arrivé à Malabo où il a retrouvé sa famille et les militants de son parti.

« J’ai été détenu pendant 13 jours. J’étais très anxieux et préoccupé que l’on me rapatrie ici clandestinement », a déclaré Andres Esono Ondo à son domicile.
Le 11 avril, le secrétaire général de Convergence pour la démocratie sociale (CPDS), l’un des principaux partis d’opposition en Guinée équatoriale, a été arrêté au Tchad alors qu’il se rendait au congrès d’un parti d’opposition tchadien.

Peu après, Malabo l’a accusé d’avoir eu pour « unique objectif l’acquisition d’armes et de munitions ainsi que le recrutement de terroristes pour commettre un coup d’État en Guinée équatoriale avec un financement étranger ».

Libéré mercredi par les autorités tchadiennes, après 13 jours de détention, Andres Esono Ondo est rentré jeudi chez lui à Malabo.
Au côté de sa famille, l’opposant raconte: « J’ai perdu des kilo, je suis rentré sans ma valise, sans mon ordinateur et mon téléphone, je ne sais pas où tout cela se trouve. »

« Libéré faute de preuves »

Ce dernier affirme que « faute de preuves envoyées par Malabo, les autorités tchadiennes ont décidé de (le) libérer ». Contactées, les autorités tchadiennes n’ont pas souhaité donner les raisons de sa libération.

« Le régime a peur de faire face à une vraie opposition », a déclaré l’opposant équato-guinéen, accusant Malabo « de monter de fausses accusations contre ses citoyens à l’étranger pour qu’ils soient emprisonnés ».

En 2015, Andres Esono Ondo, avait été accusé d’avoir recruté une personne malade d’Ebola en vue d’introduire le virus en Guinée équatoriale au moment de la Coupe d’Afrique des nations de football (CAF). Il avait finalement été relaxé, après que ces accusations se furent révélées fausses et montées de toute pièce par des proches du régime.

Depuis fin mars, le procès des instigateurs présumés du « coup d’État » que Malabo a affirmé avoir déjoué fin décembre 2017 se tient en Guinée. Plus de 150 personnes sont accusés d’être d’être impliquées dans cette affaire destinée à démettre Teodoro Obiang Nguema, 76 ans. Selon les informations recueillies par Jeune Afrique, le « putsch de Noël » trouve en partie ses racines au Tchad, précisément dans la province du Guera.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte