Culture

Femua : à Abidjan, la douzième édition du festival questionne le genre

Cérémonie d'ouverture de la 12eme édition du Femua en Côte d'Ivoire. © Femua

La douzième édition du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo a été lancée mardi 23 avril à Abidjan. Au programme : 16 artistes issus de 8 pays différents, une série d’ateliers et de débats féministes.

Les problématiques liées à la condition des femmes ont le vent en poupe sur le continent africain. Après le Fespaco au Burkina Faso, c’est au tour du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (Femua) de se pencher sur le sujet en Côte d’Ivoire. « Cette douzième édition du Femua sera genrée », a lancé d’emblée son fondateur, le chanteur A’Salfo, leader du groupe Magic System, lors de la cérémonie d’ouverture qui s’est déroulée dans la matinée du mardi 23 avril, sur le terrain Aby Raoul d’Anoumabo, à Marcory. Et d’ajouter que parmi les seize artistes invités cette année, la moitié sont des femmes.

Huit artistes femmes 

Parmi celles-ci, les Ivoiriennes Chantal Taïba, Josey, Allah Therese ainsi que la Camerounaise Mani Bella ou la Burkinabè Mariah Bissongo. Sans oublier la diva malienne Oumou Sangaré, connue pour son farouche engagement en faveur de l’autonomisation des femmes dans son pays. Elle est l’une des têtes d’affiche du festival aux côtés du rappeur français Kaaris et du saxophoniste nigérian Femi Kuti.

Devant un parterre de représentants d’institutions ou dirigeants d’entreprises partenaires, d’artistes, de chefs coutumiers et, surtout, de personnalités politiques – dont la marraine de cette édition, la Première dame de Côte d’Ivoire Dominique Ouattara, le ministre ivoirien de la Culture Maurice Bandaman mais aussi le ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme du Burkina Faso (pays hôte cette année) -, A’Salfo n’a pas manqué de rappeler les nombreuses réalisations de sa fondation. Le chanteur a ainsi annoncé l’inauguration prochaine d’une nouvelle école « Magic System » à Odienné, dans le nord-ouest du pays, et mise sur pied avec l’appui de l’Unicef. Particularité de cette structure scolaire : elle n’accueillera que des filles.

Des ateliers sur les violences de genre 

Des initiatives qui s’inscrivent dans la droite ligne du volet social de ce douzième Femua, également porté par le Carrefour Jeunesse, organisé des 24 et 25 avril. Son thème, « genre et développement », sera égrainé à travers plusieurs animations. Notons la projection d’un reportage sur les dangers des mutilations génitales féminines ainsi qu’un débat autour du « leadership et de l’autonomisation des femmes et des jeunes filles au niveau local en Côte d’Ivoire ».

Sans compter la mise en place d’ateliers sur la différence entre genre et sexe, l’autonomisation de la femme en milieu rural, les enjeux et défis de l’entrepreneuriat féminin ou les violences de genre tant en politique qu’en milieu scolaire. Parmi les panélistes, Ramata Ly-Bakayoko, ministre ivoirienne de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Euphrasie Yao, conseillère spéciale du président chargée du Genre ou les représentants d’ONU Femmes en Côte d’Ivoire comme la chargée de programmes Madeleine Oka-Balima.

Faire bouger les lignes 

« Investir dans les droits fondamentaux des filles et des femmes, favoriser leur accès aux ressources, aux opportunités économiques et au leadership politique et social constituent un levier pour la croissance économique et permettront d’asseoir les bases d’une société plus juste et équitable », a assené A’Salfo, pour qui la pauvreté revêt, aujourd’hui, un visage féminin. Quant à Dominique Ouattara, elle a rappelé son propre engagement à travers la réhabilitation de plusieurs structures dédiées aux femmes et plaidé en faveur d’une implication de l’ensemble de la société afin de faire bouger les lignes.

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