Diplomatie

Soudan : des chefs d’État africains veulent prolonger le délai accordé à la junte

L'activiste soudanaise Amal al-Zein, après sa libération des geôles du pouvoir d'Omar el-Béchir, le 18 avril 2019 à Khartoum.

L'activiste soudanaise Amal al-Zein, après sa libération des geôles du pouvoir d'Omar el-Béchir, le 18 avril 2019 à Khartoum. © Salih Basheer/AP/SIPA

Des chefs d'État africains réunis sous la houlette d'Abdel Fattah al-Sissi, président en exercice de l'Union africaine, ont appelé mardi à une « transition pacifique et démocratique » d'ici trois mois au Soudan. le Conseil de paix et de sécurité de l'UA avait posé un ultimatum de quinze jours aux militaires.

Abdel Fattah al-Sissi avait convié mardi au Caire ses homologues Idriss Déby (Tchad), Ismaïl Omar Guelleh (Djibouti), Paul Kagame (Rwanda), Denis Sassou-Nguesso (Congo), Mohamed Abdullahi Mohamed (Somalie) et Cyril Ramaphosa (Afrique du Sud). L’Ethiopie, le Soudan du Sud, l’Ouganda, le Kenya et le Nigeria étaient également représentés par de hauts responsables. Le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki, était aussi au Caire, après une récente visite à Khartoum.

Dans une déclaration commune, ils ont appelé le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA) à assouplir sa position et « à prolonger de trois mois le délai accordé au pouvoir soudanais » pour parvenir à une telle transition. Le 15 avril, le Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA avait menacé de suspendre Khartoum si l’armée ne quittait pas le pouvoir d’ici 15 jours au profit d’une « autorité politique civile ».

« Stabilité régionale »

Les pays présents ont aussi convenu de « l’urgence d’un rétablissement d’un système constitutionnel par le biais d’une transition politique démocratique menée par les Soudanais eux-mêmes », a affirmé le chef de l’État égyptien Abdel Fattah al-Sissi, président en exercice de l’UA.

Les dirigeants africains ont en outre exprimé « le soutien total de l’Union africaine et des pays voisins au Soudan face à ses défis économiques, politiques et sécuritaires » et ont promis de l’aider à maintenir la « stabilité régionale ».

Le Conseil militaire de transition au Soudan, qui dirige le pays depuis la destitution le 11 avril du président Omar el-Béchir sous la pression de la rue, a jusque-là résisté aux appels du mouvement de contestation à un transfert immédiat du pouvoir à une autorité civile. Ce Conseil a toutefois déclaré lundi étudier « une proposition » des chefs de la contestation.

Pression populaire

Les militaires soudanais restent sous forte pression de manifestants installés depuis plus de deux semaines aux abords du QG de l’armée à Khartoum. L’armée exige le démantèlement des barrages installés sur les voies d’accès, sans faire fléchir les protestataires qui ont reçu mardi le renfort d’un train rempli de centaines de personnes venues du centre du pays.


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De nombreuses personnes sont arrivées sur les toits des wagons, agitant des drapeaux soudanais et scandant « Liberté, paix, justice ». Des groupes de journalistes, de médecins, d’ingénieurs ou encore de vétérinaires ont également marché dans les rues de Khartoum pour réclamer un pouvoir civil.

Dans l’est du pays, des centaines de personnes se sont rassemblées devant un bâtiment militaire dans la ville de Kassala, pour réclamer que les responsables de la mort de manifestants soient traduits en justice.

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