Politique

RDC : l’archevêque de Kinshasa toujours aussi sévère après les élections

L’archevêque de Kinshasa, Fridolin Ambongo, lors de son installation, le 25 novembre. © John WESSELS/AFP

L'archevêque de Kinshasa, l'une des voix de l'Église catholique très influente en République démocratique du Congo, a estimé que les "récents événements socio-politiques n'ont pas beaucoup réalisé les rêves de notre peuple", dimanche dans son message de Pâques, trois mois après la première alternance à la tête de l'État.

« Dans notre pays, nous célébrons cette fête dans un contexte où les désespoirs gagnent de plus en plus les coeurs des congolaises et de congolais », a déclaré l’archevêque de Kinshasa, qui conteste le résultat officiel de l’élection du 30 décembre 2018 et la victoire de l’opposant Félix Tshisekedi.

L’archevêque a récemment déclaré que M. Tshisekedi « a été désigné par l’ancien président » Joseph Kabila, ce qu’affirme et dénonce aussi l’autre opposant Martin Fayulu qui revendique la victoire.

« En même temps, nous sentons que nous devons le soutenir », avait ajouté l’archevêque de Kinshasa dans un entretien à Jeune Afrique après une tournée aux États-Unis et en Europe.

« Il y a quelques temps, les espoirs de tout un peuple ont été brisés et sacrifiés sur l’autel des intérêts et calculs égoïstes de quelques personnes, créant ainsi frustration et découragement », a-t-il détaillé dans son message pascal.

« Pire encore, nous constatons que les conditions d’une société de paix et de justice traînent encore à advenir », a-t-il ajouté. « Et les événements socio-politiques de ces derniers jours ne font qu’entretenir un climat d’incertitude pour un lendemain meilleur en RDCongo ».

Les récentes élections au Sénat, entachées d’accusation de corruption, ont conforté la majorité parlementaire de l’ex-président Joseph Kabila, de même que l’élection des gouverneurs à la tête de 24 des 26 provinces.

« Ne laissez pas la haine, le tribalisme, la corruption ainsi que ses effets, la division (…) gagner vos coeurs. Malheureusement, c’est vers cette direction que beaucoup veulent conduire le peuple congolais », a-t-il conclu.

Le président Tshisekedi a assisté dimanche à la messe de Pâques dans la cathédrale Notre-Dame de Kinshasa en présence de l’ex-archevêque Laurent Monsengwo, une autre voix très critique du régime Kabila. « Que les médiocres dégagent » avait lancé Mgr Monsengwo début janvier 2018 après la répression sanglante d’une première marche catholique anti-Kabila.

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