Politique

[Chronique] Népotisme : Ivanka Trump promue « à l’africaine » ?

Par

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

© Glez

En tournée sur le continent snobé par son père, Ivanka Trump confirme que le président des États-Unis voulait la nommer à la tête d’une institution de Bretton Woods. Une tentation népotique que d’aucuns qualifient « d’africaine »…

Alors que Donald Trump n’était encore qu’un candidat à la Maison-Blanche, le « Daily Show » l’annonçait comme « le premier président africain des États-Unis ». Si le fils de Kényan Barack Obama n’avait pas eu droit à ce qualificatif de la célèbre émission satirique américaine, c’est que l’amalgame s’appuyait moins sur le teint de la peau que sur la pratique népotique de celui qui allait devenir le 45e président américain. Comment excuser l’usage commode d’un lieu commun sur le continent noir ? Peut-être en soulignant que l’animateur de ce programme américain, Trevor Noah, est… Sud-africain.


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Avec le recul, force est de constater que le présentateur-humoriste ne se trompait guère sur cette tendance afro-trumpiste à propulser les membres de sa famille dans le sillage de son succès. Ivanka Trump et son époux Jared Kushner ont été rapidement nommés auprès du locataire iconoclaste du bureau ovale.

Et voilà qu’en ce mois d’avril 2019, c’est comme par hasard en Afrique – en Côte d’Ivoire – que la fille prodigue confirme que son père voulait la pistonner pour devenir directrice de la Banque mondiale, elle qui a tout juste 37 ans. En fin de semaine dernière, Donald Trump avait justifié cette possible nomination par le fait qu’Ivanka était « très bonne avec les chiffres ». Mais l’émissaire du président en Afrique affirme avoir refusé le poste…

Dynasties

Si Trevor Noah ne se trompait guère sur la tendance népotique de l’actuel locataire de la Maison-Blanche, il aurait de quoi illustrer sa caricature des dirigeants africains en matière d’oligarchie teintée de liens du sang. Bien sûr, c’est sous un verni électoral que quelques « fils-de » accèdent au trône, dans des pays comme le Togo, le Gabon ou la République démocratique du Congo. Puis les coalitions politiques familiales se chargent de compléter le maillage domestique des régimes.

Certes, le népotisme n’est pas étranger au continent africain. Mais il n’est exclusif ni à l’Afrique, ni aux États-Unis

Le 8 février dernier, le président ougandais Yoweri Museveni nommait son fils Muhoozi Kainerugaba numéro 2 de l’armée, l’esquissant en dauphin, au cas où le projet de sixième mandat du paternel devait être contrecarré. La Guinée équatoriale, elle, est toujours « vice-présidée » par Teodorín Nguema Obiang Mangue, fils de son président de père Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. En Angola, il aura fallu le départ de José Eduardo dos Santos pour constater l’influence de ses rejetons sur le tissu économique national : Isabel à la Sonangol et José Filomeno au fonds souverain angolais.

Certes, le népotisme n’est pas étranger au continent africain. Mais il n’est exclusif ni à l’Afrique, ni aux États-Unis. Ainsi, la semaine dernière en Ouzbékistan, la fille aînée du président Chavkat Mirzioïev était nommée directrice adjointe de l’Agence pour l’information et les communications de masse auprès de l’administration présidentielle.

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