Politique

Sénégal : le gouvernement ouvre la voie à la suppression du poste de Premier ministre

Macky Sall après avoir voté à Fatick lors de la présidentielle, le 24 fevrier 2019. © Sylvain CHERKAOUI pour JA

Le projet de révision de la Constitution a été adopté ce mercredi par le gouvernement. La mesure, qui devrait mener à la suppression du poste de Premier ministre, doit maintenant être examinée par les parlementaires.

La révision constitutionnelle est désormais amorcée. Lors du Conseil des ministres de mercredi, le deuxième depuis le remaniement du 7 avril dernier, le nouveau gouvernement a « adopté un projet de loi portant révision de la Constitution » qui devrait conduire à la suppression du poste de Premier ministre.

Ce texte devrait être rapidement soumis pour approbation à l’Assemblée nationale, où le parti présidentiel et ses alliés disposent d’une majorité qualifiée des 3/5e, suffisante pour entériner la révision de la loi fondamentale.


>>> À LIRE – Sénégal : le pouvoir selon Macky Sall


Réforme surprise

Le chef de l’État avait annoncé sa décision de se passer de Premier ministre le 6 avril. Ce jour-là, il reconduisait à la tête du gouvernement Mahammed Boun Abdallah Dionne, le chargeant de préparer lui-même la disparition à brève échéance de sa fonction.

Ce projet doit forcément passer par une révision de la loi fondamentale, la fonction de Premier ministre étant mentionnée dans la Constitution. L’annonce de la mesure, qui n’avait pas été annoncée au cours de la campagne électorale de Macky Sall, a provoqué la surprise des Sénégalais et la sidération de l’opposition. Au Parti démocratique sénégalais, Amadou Sall, s’inquiétait auprès de Jeune Afrique des risques d’une « dérive autoritaire du président ».

Les modalités de la réforme et leur effet sur le fonctionnement des institutions sont en effet encore inconnues. En supprimant le poste de Premier ministre, Macky Sall fait basculer le Sénégal dans un régime présidentiel qui pourrait lui donner une marge de manœuvre importante pour son deuxième mandat.

Transformations

Le chef de l’État, qui a promis d’accélérer les transformations de l’économie sénégalaise, veut par ce changement supprimer les « goulets d’étranglement » pour « être lui-même au contact direct avec les niveaux administratifs » chargés de conduire ses politiques, selon le secrétaire général du gouvernement Maxime Jean-Simon Ndiaye.

Devant ses ministres, il a également réclamé une « réduction du train de vie de l’État », en demandant que les dépenses d’eau, d’électricité et de téléphone dans les administrations soient mieux réglementées.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte