Justice

Un opposant équato-guinéen arrêté au Tchad, son parti dénonce une machination

Le président Teodoro Obiang Nguema, 74 ans, dirige sans partage le pays depuis 1979.

Le président Teodoro Obiang Nguema, 74 ans, dirige sans partage le pays depuis 1979. © PIUS UTOMI EKPEI / AFP

L'opposant équato-guinéen Andres Esono Ondo a été arrêté jeudi 11 avril au Tchad. Alors que son parti dénonce une « machination politique entre deux États », Malabo assure qu'il préparait « un coup d'État en Guinée équatoriale avec un financement étranger ».

Andres Esono Ondo « doit être libéré » et « doit rentrer en Guinée équatoriale en totale liberté tel qu’il en était sorti », a déclaré mardi 17 avril son parti, Convergence pour la démocratie sociale (CPDS), avant de dénoncer une « machination politique entre deux États et leurs chefs respectifs ».

Andres Esono Ondo, secrétaire général de CPDS, deuxième force d’opposition du pays, a été arrêté jeudi 11 avril au Tchad alors qu’il se rendait au congrès du premier parti d’opposition tchadien, l’Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR).

« Coup d’État »

Malabo l’a accusé samedi d’avoir eu pour « unique objectif l’acquisition d’armes et de munitions ainsi que le recrutement de terroristes pour commettre un coup d’État en Guinée équatoriale avec un financement étranger ».

Lundi, Juan Antonio Bibang, ministre équato-guinéen de la Sécurité extérieure a détaillé l’accusation. « Andres Esono Ondo a voyagé au Tchad sous prétexte d’assister à un congrès organisé par le parti UNDR dans la province du Guera, connue pour [être un territoire de] terroristes et rebelles, mais aussi pour la facilité avec laquelle on peut y acheter des armes ».


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Au Tchad, Andres Esono Ondo a été transféré du Guera, où devait se tenir le congrès finalement annulé, aux locaux de l’Agence nationale de Sécurité (ANS, renseignements tchadiens) à N’Djamena. Son arrestation n’a pas été commentée par les autorités tchadiennes.

« Taire toutes les voix discordantes »

En 2015, Andres Esono Ondo avait été accusé d’avoir recruté une personne malade d’Ebola en vue d’introduire le virus en Guinée équatoriale au moment de la Coupe d’Afrique des nations de football (CAF). Il avait finalement été relaxé, après que ces accusations se soient révélées montées de toutes pièces par des proches du régime.

Malabo « veut faire taire toutes les voix discordantes et maintenir l’opposition hors jeu pour empêcher l’exercice de la démocratie, ce type de montage est habituel », a déclaré un diplomate en poste en Guinée équatoriale, sous couvert d’anonymat.

Depuis fin mars, le procès des instigateurs présumés du « coup d’État » que Malabo a affirmé avoir déjoué fin décembre 2017 se tient en Guinée. Plus de 150 personnes sont accusés d’être d’être impliquées dans cette affaire destinée à démettre Teodoro Obiang Nguema, 76 ans. Selon les informations recueillies par Jeune Afrique, le « putsch de Noël » trouve en partie ses racines au Tchad, précisément dans la province du Guera.

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