Défense

Tchad : 7 militaires tués et 15 blessés dans une nouvelle attaque de Boko Haram

Des forces tchadiennes engagée contre Boko Haram lors d'un exercice conjoint avec l'armée nigériane en 2015.

Des forces tchadiennes engagée contre Boko Haram lors d'un exercice conjoint avec l'armée nigériane en 2015. © Jerome Delay/AP/SIPA

Des membres nigérians de Boko Haram ont attaqué la localité de Bouhama, dans la région du lac Tchad, dans la nuit de dimanche à lundi. Le bilan communiqué par l'armée s’élève à sept militaires tchadiens tués et quinze blessés, et 63 morts parmi les « terroristes ».

« Les terroristes ont attaqué nos forces à minuit dans la localité de Bouhama aux environs de Kaigakindjitia dans la zone du lac Tchad », a annoncé le colonel Azem Bermandoa, le porte-parole de l’armée, précisant que « 63 terroristes ont été tués ». Le ministre tchadien de la Défense Daoud Yaya Brahim et le chef d’état-major des armées Taher Erda ont été dépêchés sur les lieux ce lundi 15 avril pour « évaluer la situation », selon le colonel Azem.

Récemment nommé à la tête de l’état-major des armées, Taher Erda est un proche du président Idriss Deby Itno. Il a remplacé Brahim Seid Mahama le 22 mars dernier. Ce dernier avait été limogé à la suite d’une attaque de Boko Haram dans le sud-ouest du pays, dans laquelle 23 soldats tchadiens avaient été tués, l’une des attaques les plus meurtrières essuyées par l’armée depuis le début de la lutte contre les islamistes.

Résurgence des attaques

La région du lac Tchad est le théâtre d’un regain d’attaques de Boko Haram. Dans un rapport publié récemment, la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) s’inquiétait de cette résurgence des attaques du groupe djihadiste dans la région du lac Tchad, notamment côté tchadien. « Le Tchad, relativement épargné par la menace Boko Haram après les attentats meurtriers de 2015, est à nouveau la ligne de mire du groupe terroriste depuis mi-2018 », notait le rapport.

Depuis juin 2018, au moins sept attaques de Boko Haram ont eu lieu en territoire tchadien, où les combattants jihadistes nigérians n’étaient presque plus intervenus depuis plusieurs mois. « Les menaces de Boko Haram contre le Tchad sont extrêmement sérieuses et inquiétantes après deux années d’accalmie », alertait également le président de la Ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH), Me Midaye Guerimbaye, dans ce même rapport.

Lutte régionale

L’insurrection de Boko Haram, qui a débuté en 2009 dans le nord-est du Nigeria, a fait plus de 27 000 morts et 1,8 million de déplacés dans ce pays, et a gagné le Niger, le Tchad et le Cameroun voisins. Le 10 avril, Diffa, la grande ville du sud-est du Niger, a été frappée par les jihadistes nigérians. Au Cameroun, au moins sept soldats ont été tués depuis le début du mois dans le nord du pays, où ils sont déployés pour contrer les assauts du groupe jihadiste.

Depuis 2015, les pays de la région luttent contre Boko Haram au sein de la Force multinationale mixte (FMM), une coalition régionale engagée dans la région du lac Tchad avec l’aide de comités de vigilance composés de citoyens locaux.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte