Politique

Soudan : les dix dates-clés du règne sans partage d’Omar el-Béchir

Omar el-Béchir au sommet de l'UA, le 14 juin 2015 à Johannesburg. © Shiraaz Mohamed/AP/SIPA

La destitution du président soudanais Omar el-Béchir par l'armée, au terme de quatre mois de contestation populaire, a mis fin à un régime autoritaire en place depuis 1989. Retour sur les dix dates qui ont marqué son règne.

Après quatre mois de contestation populaire d’une ampleur inédite, le président soudanais Omar el-Béchir a été destitué par l’armée ce 11 avril. Quelques heures plus tôt, la télévision d’État avait annoncé que l’armée soudanaise ferait sous peu une « déclaration importante », déclenchant des scènes de liesse devant le quartier général des militaires à Khartoum, où des milliers de manifestants campaient depuis six jours.

Retour sur la présidence de celui qui dirigeait le Soudan d’une main de fer depuis 1989.

• 1989 : Omar el-Béchir renverse le pouvoir en place

Militaire de formation, ayant notamment combattu aux côtés de l’armée égyptienne pendant la guerre du Kippour en 1973, Omar el-Béchir renverse le pouvoir au Soudan en 1989, entraînant la chute de Sadek al-Mahdi, dernier Premier ministre élu démocratiquement. Très vite, le nouvel homme fort du Soudan, cumulant les fonctions de chef de l’État, Premier ministre et chef des forces armées, fait interdire tous les partis politiques et instaure un nouveau code légal islamique. Il devient officiellement président de la République en octobre 1993.

Article de Jeune Afrique publié le 12 juillet 1989 by Jeune Afrique on Scribd

• 1993 : le Soudan placé sur « liste noire » américaine

En août 1993, à l’époque où Ben Laden vivait à Khartoum (jusqu’en 1996), le département d’État américain inscrit le Soudan sur la liste noire des États soutenant le terrorisme, aux côtés de la Syrie, de l’Iran et de la Corée du Nord. Quatre ans plus tard, le pays est soumis à des sanctions économiques et commerciales. L’embargo commercial sera levé par l’administration de Donald Trump, en octobre 2017.

• 1999 : Hassan al-Tourabi est écarté

Mentor du général Omar el-Béchir lors du coup d’État militaire de 1989, Hassan al-Tourabi deviendra ensuite l’un de ses adversaires les plus virulents. En 1999, lorsqu’il propose un projet de loi visant à limiter les pouvoirs du président soudanais, ce dernier répond par la force, dissout le Parlement et écarte son ex-allié en quelques semaines.

• 2003 : guerre du Darfour

À partir de 2003, Omar el-Béchir lance ses milices janjawid sur des centaines de villages du Darfour. Depuis l’éclatement des violences, cette région de l’ouest du Soudan est le théâtre d’un conflit armé entre rebelles et forces gouvernementales, ayant fait plus de 300 000 morts et 2,5 millions de déplacés, selon l’ONU.

Des soldats tanzaniens de la Minuad, la force conjointe de maintien de la paix au Darfour de l'ONU et de l'UA, en juillet 2014. © Albert Gonzalez Farran/AP/SIPA


>>> À LIRE – Soudan : comment expliquer le retour des combats au Darfour ?


• 2005 : fin de la guerre civile au Soudan

Après plus de vingt-et-un ans de guerre civile, un accord de paix est signé à Nairobi entre le gouvernement et la rébellion sudiste, le 9 janvier 2005, prévoyant une autonomie du Soudan du Sud. Ce conflit fut l’un des plus longs et les plus meurtriers du XXe siècle, ayant fait plus de 2 millions de morts et 4 millions de déplacés.

• 2009 : mandat d’arrêt international

Le 4 mars 2009, un mandat d’arrêt international est lancé par la CPI contre Omar el-Béchir pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre au Darfour. Il est le premier chef d’État en exercice à être inculpé par cette juridiction. Le désormais ex-président soudanais a cependant pu se rendre plusieurs fois à l’étranger, notamment dans des États parties au statut de Rome de la CPI, narguant ainsi les juges de La Haye. Un second mandat d’arrêt pour génocide sera délivré contre lui en juillet 2010.

Interview d’Omar el-Béchir dans « Point de vue » by Jeune Afrique on Scribd

• 2011 : sécession du Soudan du Sud

Le 9 juillet 2011, le Soudan se divise en deux et donne alors naissance au plus jeune État du monde : le Soudan du Sud. Cet événement intervient six mois après le référendum d’autodétermination par lequel les Sud-Soudanais avaient approuvé à 98,8 % cette indépendance. Depuis 2013, le pays fait face à une guerre civile particulièrement meurtrière due aux rivalités politiques et ethniques, ainsi qu’à la lutte pour le contrôle des puits de pétrole. Les relations entre Khartoum et Juba sont, depuis, particulièrement tendues.

2013 : émeutes anti-gouvernementales

La grogne populaire monte au Soudan, en septembre 2013. Provoquées par la décision de lever les subventions sur les prix des carburants, ces protestations anti-gouvernementales sont les plus importantes depuis l’arrivée au pouvoir d’Omar el-Béchir. La répression policière fait 200 morts et plus d’un millier de blessés.

Omar el-Béchir, à son arrivée à l'aéroport de Khartoum en juin 2015, de retour d'Afrique du Sud. © Abd Raouf/AP/SIPA

• 2018 : candidat à la présidentielle de 2020

En août 2010, le conseil du Parti du congrès national annonce avoir choisi Omar el-Béchir comme candidat à la présidentielle de 2020, bien que la Constitution en vigueur depuis 2005 limite en théorie à deux le nombre de mandats présidentiels. Omar el-Béchir avait été réélu à la présidence en 2015 à l’issue d’élections générales contestées par l’opposition.

• 2019 : Omar el-Béchir est destitué par l’armée

Omar el-Béchir est destitué par l’armée le 11 avril 2019. Le général Awad Ibn Awf, vice-président, annonce la mise en place d’un Conseil de transition et dévoile une série de mesures d’état d’urgence, parmi lesquelles la fermeture des aéroports.

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