Mines

Guinée : BSGR devra dédommager Vale de 1,1 milliard d’euros pour l’exploitation de Simandou

La mine de de Simandou, en Guinée (photo d'illustration). © Rio Tinto

Le groupe de l'homme d'affaires Benny Steinmetz devra verser 1,1 milliard d'euros à son ex-partenaire brésilien Vale, selon la décision d'un tribunal arbitral londonien, pour « fraude et violation de garantie » dans l'affaire de l'exploitation du gisement de Simandou.

Nouveau chapitre dans l’histoire de Simandou, chaîne de collines qui recèle le plus grand gisement de fer africain encore inexploité, à 800 km à l’est de Conakry. Benny Steinmetz Group Resources (BSGR) doit verser 1,11 milliard d’euros (1,25 milliard de dollars) en dédommagement à son ex-partenaire, le groupe brésilien Vale, selon la décision d’un tribunal arbitral de Londres annoncée le 9 avril.

Ensemble, les deux groupes avaient créé une joint-venture en 2010, pour exploiter ce gisement, dont l’homme d’affaire franco-israélien Benny Steinmez avait obtenu la concession d’exploitation de deux blocs sur quatre fin 2008, peu avant le décès de l’ancien président guinéen Lansana Conté.

Nicolas Sarkozy, facilitateur entre BSGR et Conakry

Mais en 2014, le gouvernement a résilié le permis octroyé à BSGR, alors que des enquêtes étaient ouvertes contre l’homme d’affaires et plusieurs de ses compatriotes israéliens, sur fonds de versement de millions de dollars de pots-de-vins à des cadres de la fonction publique guinéens qui auraient permis l’acquisition de des droits d’exploitation.

Le bras de fer entre BSGR et Conakry a trouvé son épilogue en février, notamment grâce à la médiation de Nicolas Sarkozy : le groupe a formellement renoncé à ses prétentions sur Simandou, en échange de l’abandon des procédures engagées à son encontre à Conakry, en Suisse et en Israël. Le groupe conserve en revanche l’exploitation de la zone de Zogota dans le sud-est du pays, avait-il annoncé.

Pas de garantie sur le moment et le montant du recouvrement

Restait encore à Beny Steinmetz à sortir du conflit l’opposant à son ancien partenaire brésilien. Cette décision de la cour arbitrale londonienne « corrobore le fait que Vale n’était pas impliqué dans le versement des pots-de-vin pour lesquels BSGR était mis en cause », souligne l’entreprise dans un communiqué. Le brésilien avait racheté 51 % des parts de l’exploitation guinéenne de BSGR pour 1,8 milliard d’euros en 2010, mais n’a débloqué que 723 millions d’euros sur cette somme, accusant BSGR de lui avoir fait perdre 800 millions d’euros.

Dans son communiqué, le groupe précise qu’il a « l’intention de poursuivre le recouvrement de ce montant par tous les moyens légaux disponibles, mais il n’y a aucune garantie quant au moment et au montant du recouvrement. »

20 milliards de dollars d’investissement

Le gisement du Simandou, découvert il y a plus de vingt ans, requiert 20 milliards de dollars d’investissements dont les deux tiers pour l’installation d’infrastructures ferroviaires et portuaires. « Maintenant que les blocs 1 et 2 sont revenus dans le giron de l’État, nous ne nous interdisons rien, et surtout pas de trouver un accord avec un seul et même consortium pour les quatre blocs : ceux récupérés de BSGR, ainsi que les blocs 3 et 4, encore détenus par Chinalco et Rio Tinto (qui souhaite sortir du projet) » à déclaré Abdoulaye Magassouba des mines à Jeune Afrique. Dans ses estimations, le groupe anglo-australien Rio Tinto tablait sur un potentiel d’extraction de 100 millions de tonnes de fer par an pendant quarante ans.

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