Politique économique

L’aide mondiale au développement en baisse en 2018

Le Mexicain Angel Guria, secrétaire général de l'OCDE, le 17 octobre 2017 à Londres. © Matt Dunham/AP/SIPA

La baisse de 2,7 % de l’aide au développement en 2018 suscite l’inquiétude d’Angel Gurria, le secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), qui a présenté le 10 avril les chiffres collectés auprès de ses 30 membres par son Comité d’aide au développement.

« L’affaissement de l’aide publique est particulièrement inquiétant, car il fait suite à des données montrant que les apports privés en faveur du développement diminuent aussi, a déclaré Angel Gurria, le 10 avril. Les pays donateurs ne tiennent pas leur engagement en faveur du financement du développement pris en 2015, ce qui augure mal de notre capacité à concrétiser les Objectifs du développement durable (ODD) à l’horizon 2030. »

En effet, si l’aide totale s’est élevé, en 2018, à 153 milliards de dollars selon la nouvelle méthode de calcul, elle régresse à 143,2 milliards contre 147,1 en 2017 (- 2,7 %) selon l’ancien système (au prix et taux de change 2017). Une partie de l’explication est à chercher du côté du ralentissement des flux migratoires et des financements qui les ont accompagnés. Reste que les apports nets à l’Afrique ont chuté de 4 % et, pour la seule Afrique subsaharienne, de 4,4 %. Pour l’ensemble des pays à faible revenu, le recul est de 6 %.

17 pays se sont montrés plus généreux, les hausses les plus fortes ayant été enregistrées en Hongrie, en Islande, et en Nouvelle-Zélande. 12 pays ont diminué leurs contributions et notamment l’Autriche, la Finlande, la Grèce, l’Italie, le Japon et le Portugal.

La Suède, le Luxembourg et la Norvège plus généreux

Les cinq plus grands pays donateurs en chiffres absolus restent les États-Unis (34,3 milliards de dollars), l’Allemagne (25 milliards), le Royaume-Uni (19,4 milliards), le Japon (14,2 milliards) et la France (12,2 milliards). Les cinq pays qui font le plus grand effort relativement à leur produit national brut sont la Suède (1,04 % du Produit national brut), le Luxembourg (0,98 %), la Norvège (0,94 %), le Danemark (0,72 %) et le Royaume-Uni (0,7 %).

La France fait plutôt partie des bons élèves, mais plusieurs ONG estiment qu’elle n’en fait pas encore assez. Ainsi Coordination Sud, qui regroupe les ONG françaises, se réjouit-elle que, pour la quatrième année consécutive, l’aide de la France ait progressé en 2018 (+ 4,4 %), mais elle regrette qu’en pourcentage du PNB national, cette aide « stagne à 0,43 % ». Pour lui donner un coup de fouet, « l’un des leviers majeurs sera une mobilisation plus importante des financements innovants et de la taxe de solidarité sur les billets d’avion », estime Philippe Jahshan, son président.

Les 500 millions d’euros supplémentaires versés en 2018, c’est bien, mais « l’effort à fournir reste de plus d’un milliard d’euros additionnels par an pour atteindre l’objectif [du président Macron] de 15 milliards en 2022″, rappelle de son côté Robin Guittard, porte-parole pour la France de l’ONG Oxfam, pour qui  « 2019 sera l’année de vérité ».

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