Diplomatie

RDC : polémique autour de la nomination par Félix Tshisekedi d’un responsable de la sécurité sanctionné par l’UE

Félix Tshisekedi, lors de son investiture à la tête de la RDC, le 24 janvier 2019 à Kinshasa. © REUTERS/ Olivia Acland

Des militants se présentant comme des victimes de la répression politique des trois dernières années en RDC ont appelé Félix Tshisekedi à revenir sur la nomination de Roger Kibelisa, assistant du conseiller spécial du président en matière de sécurité, visé par des sanctions de l'Union européenne.

Dans une lettre rendue publique mardi, une vingtaine de signataires ont demandé au président Félix Tshisekedi de « rapporter » sa décision prise mi-mars en nommant « Roger Kibelisa assistant principal du conseiller spécial du chef de l’État en matière de sécurité ».

Précédemment chef de la sécurité intérieure à l’Agence nationale de renseignement (ANR), Roger Kibelisa est l’un des 14 congolais soumis à des sanctions de l’Union européenne (UE) pour leur rôle joué dans la répression des manifestations de l’opposition entre fin 2016 et 2018. « Roger Kibelisa est impliqué dans des campagnes d’intimidation menées par l’ANR, en direction des membres de l’opposition, y compris des arrestations arbitraires et des détentions », indique l’UE.

Détenus « dans des conditions inhumaines »

Les signataires de la lettre ont affirmé avoir été « détenus dans des conditions inhumaines par l’Agence nationale de renseignement dans le cachot dénommé 3 zoulou [3Z : une des zones de non-droit qui échappe ou échappait au contrôle du pouvoir judiciaire, ndlr] ». « Nous étions détenus dans des cellules sombres (…), nous dormions à même le sol ou sur des morceaux de cartons (…), nous étions sous-nourris et sans la moindre prise en charge médicale adéquate », ont-ils détaillé lors d’une conférence de presse à Kinshasa.

« Certains d’entre nous ont été torturés y compris avec des matraques électriques, des passages à tabac suivi de simulations de noyade et bains glacés » tandis qu’un détenu, Jean-Louis Ernest Kyaviro, aurait « rendu l’âme à cause de longues maladies dont il a souffert de suite de mauvaises conditions », a affirmé Chris Shematsi, l’un des signataires se présentant comme victime.


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L’UE a renouvelé ses sanctions (gel des visas et des avoirs) d’une année, juste avant l’élection présidentielle du 30 décembre remportée par Tshisekedi. Le 15 février devant le corps diplomatique à Kinshasa, le président Tshisekedi avait sauté un passage de son discours demandant la levée des sanctions européennes frappant des membres du régime de son prédécesseur Joseph Kabila.

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