Politique

Raid aérien, « contre-offensive » : l’escalade se poursuit en Libye

« Les milliers de Libyens » qu’a rencontrés Salamé « en ont assez des phases intérimaires ».

« Les milliers de Libyens » qu’a rencontrés Salamé « en ont assez des phases intérimaires ». © abdullah doma/AFP

L’armée du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est libyen, a affirmé dimanche avoir mené un premier raid aérien en banlieue même de Tripoli, ses rivaux du gouvernement d’union (GNA) annonçant pour leur part une « contre-offensive » généralisée dans « toutes les villes » du pays.

Ces proclamations, faites à la mi-journée, interviennent alors que de violents combats ont été rapportés en matinée à une cinquantaine de km au sud de la capitale Tripoli, laissant entrevoir une poursuite de l’escalade, à rebours des appels de l’ONU et de la communauté internationale à un apaisement.

Opération « volcan de la colère »

L’annonce d’un premier raid aérien de l’Armée nationale libyenne (ANL) a été faite sur la page Facebook du « bureau des médias » de cette force autoproclamée et dirigée par le maréchal Haftar. Son porte-parole, Ahmed al-Mesmari, a indiqué samedi que la prise de Tripoli ne saurait tarder.

Dans le même temps, le nouveau porte-parole des forces du GNA, le colonel Mohamad Gnounou, a de son côté proclamé le début d’une « contre-offensive » pour « purger toutes les villes » des « forces illégitimes ».

Cette opération, nommée « volcan de la colère », doit permettre de « nettoyer toutes les villes libyennes des agresseurs et des forces illégitimes », a dit ce porte-parole dans une déclaration à la presse à Tripoli, au lendemain de sa nomination à ce poste.

« Nous ne permettrons pas de militariser l’État », a-t-il ajouté.

Khalifa Haftar est accusé par ses rivaux de vouloir prendre le pouvoir par la force et instaurer une nouvelle dictature militaire en Libye.

« Guerre sans gagnant »

L’ANL, qui contrôle l’est de la Libye et une grande partie du sud, a annoncé jeudi lancer ses troupes à l’assaut de l’ouest libyen, dont la capitale Tripoli, où siège le GNA.

Dans un discours samedi soir, le chef du GNA -reconnu par la communauté internationale- , Fayez al-Sarraj, a mis en garde contre la perspective d’une « guerre sans gagnant ».

Il a par ailleurs ajouté que les soutiens continuaient d' »affluer dans la capitale, de toutes les régions », pour faire face à l’offensive de l’ANL. L’ANL semble ainsi surprise par la mobilisation de forces qui lui sont plus ou moins hostiles, en particulier les puissantes milices de Misrata (200 km à l’est de Tripoli) qui avaient chassé en 2016 le groupe État islamique de Syrte.

Les Misratis, qui étaient réticents à s’engager dans les combats, semblent avoir décidé de participer à « la défense de la capitale », de même pour des groupes de Zentan et Zawiya.

Au moins un important groupe armé de Misrata, « la brigade 166 », est arrivé samedi dans l’est de la capitale avec des dizaines de véhicules armés notamment de canons antiaériens, pour participer à la contre-offensive, a constaté un correspondant de l’AFP.

La Force de protection de Tripoli, une alliance de milices pro-GNA, a confirmé sur sa page Facebook l’arrivée de renforts de Misrata.

Au moins 21 personnes ont été tuées et 27 autres blessées depuis le début jeudi de l’offensive du maréchal Khalifa Haftar contre la capitale libyenne, selon un premier bilan du ministère de la Santé du Gouvernement d’union nationale (GNA) basé à Tripoli.

L’ONU et les grandes capitales expriment depuis jeudi leur inquiétude d’un embrasement et exhortent les parties rivales à l’apaisement, sans succès jusqu’à présent.

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