Politique

Guinée : une quinzaine d’opposants remis en « liberté provisoire »

Faya Millimouno, leader du Bloc Libéral (BL), à la permanence de son parti à Conakry (Guinée), en février 2018 © Youri Lenquette pour Jeune Afrique

Une quinzaine de membres de l'opposition guinéenne, dont un chef de parti, Faya Millimouno, interpellés vendredi pour avoir manifesté contre la reprise des travaux de l'Assemblée, ont été remis en « liberté provisoire» dans la soirée, a-t-on appris samedi.

« Mes militants et moi avons bénéficié d’une liberté provisoire » et « on nous demande de nous présenter lundi devant le juge au tribunal de première instance de Kaloum (centre-ville de Conakry) pour y être à nouveau entendus », a déclaré Faya Millimouno.

L’opposition dénonce la prorogation en janvier par le président Alpha Condé du mandat des députés jusqu’à l’élection d’une nouvelle Assemblée, initialement prévue en septembre-octobre 2018, et reportée sine die.

Chef du Bloc libéral (BL), Faya Millimouno était venu manifester avec ses partisans devant le Palais du peuple, siège de l’Assemblée nationale, pour empêcher les députés « périmés », selon lui, de siéger pour la première session parlementaire depuis cette prorogation.

« J’invite les Guinéens à se mobiliser en masse pour les chasser, pour les empêcher de siéger alors qu’ils n’ont plus aucune légitimité », avait déclaré Faya Millimouno. Il a été interpellé avec une quinzaine de ses camarades, conduits avec lui à la Direction de la police judiciaire, puis remis en liberté vers 21H00, a-t-il précisé samedi.

Important dispositif de sécurité

Cette session s’est ouverte entourée d’un important dispositif de sécurité, avec le déploiement de dizaines de véhicules de gendarmerie et de police. Les manifestants portaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire: « Siéger au Parlement, c’est cautionner le despotisme et violer la souveraineté du peuple » ou encore « 5 ans, c’est 5 ans, alors dégagez, vive les élections législatives, à bas les députés illégitimes ».

Les principaux partis d’opposition, des associations de la société civile et des syndicats ont annoncé mercredi la création d’une coalition pour empêcher Alpha Condé de briguer un troisième mandat en 2020, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC).

Alpha Condé, 81 ans, n’a jusqu’à présent pas annoncé de modification de la Constitution afin de pouvoir se représenter en 2020, au terme de son deuxième mandat, mais plusieurs de ses déclarations récentes ont été interprétées en ce sens. Ancien opposant historique et premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française d’Afrique de l’Ouest régie jusqu’alors par des pouvoirs autoritaires, Alpha Condé a souvent contesté la pertinence de la limitation du nombre de mandats sur le continent.

« Personne en Guinée ne m’empêchera d’aller devant le peuple pour lui demander ce qu’il veut et faire la volonté du peuple », a-t-il déclaré le 24 mars devant les militants de son parti, sans autre précision.

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