Sécurité

Violences intercommunautaires dans le centre du Mali : des milliers de manifestants réclament la sécurité

Un soldat malien du G5 Sahel, groupe qui lutte contre les jihadistes dans la région, à Sévaré (Mali) le 30 mai 2018. © SEBASTIEN RIEUSSEC / AFP

Plusieurs milliers d'habitants du « pays dogon », dans les cercles de Bandiagara, Koro et Bankass, ont manifesté jeudi pour réclamer que l'État assume ses responsabilités en matière de sécurité, alors que l'armée annonçait avoir repoussé une nouvelle attaque.

Quelques heures avant les manifestions, l’armée malienne a annoncé dans un communiqué avoir repoussé mercredi soir des attaques dans une série de villages de ce secteur. « L’intervention rapide des hélicos FAMa (des forces armées maliennes, NDLR) a mis en déroute les assaillants, pendant que les forces terrestres intervenaient » dans deux villages, selon le texte, faisant état de « la mort d’un civil ». Les assaillants ont incendié des maisons avant l’intervention de l’armée, a indiqué à Adama Djiguiba, chef d’un de de ces villages.

Depuis l’apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé leurs « groupes d’autodéfense ».

« Non à l’insécurité »

Ces violences ont culminé le 23 mars avec la tuerie d’Ogossagou, près de la frontière avec le Burkina Faso, de quelque 160 villageois peuls par des membres présumés de groupes de chasseurs dogons. Plusieurs milliers de jeunes Dogons ont manifesté jeudi dans les localités de Bandiagara, Bankass et Koro.

Objectif : « Rappeler à l’État sa responsabilité exclusive par rapport la sécurisation du pays dogon. Non à l’insécurité, oui à la protection de tous », a déclaré Adama Dionko, porte-parole du collectif des associations du pays dogon.

Dans un communiqué, les « jeunes du pays dogon » ont exprimé leur « ras-le-bol contre l’insécurité, les violences, les amalgames ainsi que les stigmatisations qui sont devenues depuis 2012 notre apanage quotidien ».


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La Minusma présente dans le centre

Au lendemain de la tuerie d’Ogossagou, le gouvernement a prononcé le 24 mars la dissolution de l’association de chasseurs « Dan Na Ambassagou », qui selon lui « s’est écartée de ses objectifs initiaux, en dépit des mises en garde répétées des autorités administratives locales ». Si le groupe a démenti toute implication dans la tuerie, son chef militaire, Youssouf Toloba, a rejeté cette dissolution et refusé de déposer les armes.

Depuis mars 2018, les « agressions intercommunautaires » dans la région de Mopti ont fait quelque 600 morts et des milliers de déplacés, a indiqué le 26 mars le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme (HCDH). Selon cette même source, 219 personnes ont été tuées depuis le début de l’année dans « des exactions commises par de soi-disant groupes d’autodéfense cherchant à déraciner des groupes extrémistes violents ».


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Face à la situation, la mission de maintien de paix de l’ONU au Mali a annoncé jeudi qu’elle épaulerait l’armée malienne dans le centre du pays. « La Minusma va déployer ses forces et des unités militaires aux côtés des FAMa pour couvrir toute la zone du centre du Mali, après ce qui s’est passé à Ogossagou. Ceci entre dans le cadre de notre mandat de protection des civils », a annoncé le leader de la Minusma, Mahamat Saleh Annadif.

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