Politique

Maroc : quand l’apprentissage en français bloque l’adoption de la loi-cadre sur l’éducation

La Chambre des représentants du Maroc (image d'illustration). © DR

La disposition d'enseigner les matières scientifiques et techniques en français est à l'origine du blocage de l'adoption en commission parlementaire de la loi-cadre sur l'éducation. Un texte contre lequel l'ex-chef du gouvernement Abdelilah Benkirane mène une farouche croisade.

Le texte devait être adopté lundi, puis mardi, puis mercredi… et finalement le vote a été reporté sine die. Pourtant, la loi-cadre 51-17 portant réforme de l’éducation figurait au menu de la session extraordinaire du Parlement qui s’est ouverte lundi 1er avril. Trois réunions en commission n’ont pu aboutir à une convergence des points de vue quant à l’enseignement des matières scientifiques et techniques en français, alors que ces dernières sont actuellement dispensées en arabe jusqu’à la fin du lycée, puis en français dans le cycle universitaire.


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« L’article 31 de ce projet de loi est contesté par les élus du PJD, qui estiment que certains modules et contenus peuvent être enseignés en langue étrangère, mais pas des matières complètes », explique à Jeune Afrique un membre de la commission.

Benkirane a appelé le PJD à voter contre

Le débat autour de cette question dure depuis l’été dernier, et a souvent été à l’origine de crises au sein de la majorité. Pourtant, les chefs de partis de la coalition gouvernementale semblaient avoir résolu la question, et le secrétariat général du PJD s’était résigné à accepter cette disposition. C’était avant qu’Abdelilah Benkirane ne s’en mêle. Dans sa vidéo Facebook dominicale, l’ex-chef de file des islamistes a pris pour cible ce projet de loi porté par le ministre haraki de l’Éducation, Said Amzazi.

Cette loi-cadre, qui va de report en report, a encore un long chemin à parcourir dans le circuit législatif

Benkirane a ouvertement appelé les élus de son parti à voter contre cette réforme. Une consigne suivie à la lettre lors des réunions de commission : les élus du PJD ont demandé le report du vote afin de mieux examiner cette loi. Le nouveau patron du patron islamiste Saadeddine El Othmani, qui s’est réuni avec eux, leur a finalement accordé un délai supplémentaire, tout en les incitant à s’aligner sur sa position.

Cette loi-cadre, qui va de report en report, a encore un long chemin à parcourir dans le circuit législatif. Car même si elle franchit le cap de la Chambre des représentants, elle sera soumise à une deuxième lecture à la Chambre des conseillers, précisément au sein de la commission de l’enseignement. Commission, rappelons-le, qui est présidée par Abdelali Hamieddine, un fidèle parmi les fidèles de Benkirane.

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