Transport aérien

Crash du vol Ethiopian Airlines : « Boeing doit revoir son système de contrôle des vols »

la ministre éthiopienne des transports, Dagmawit Moges, en conférence de presse, le 4 avril 2019. © Capture d'écran (Facebook)

Le rapport préliminaire de la commission d'enquête sur le crash du vol Ethiopian Airlines, qui a fait 157 morts le 10 mars dernier, confirme que la catastrophe ne vient pas d'une erreur humaine. Ses conclusions mettent plutôt l'accent sur le système de stabilisation de l'appareil, qui avait déjà joué un rôle-clé dans le crash du vol Lion Air, en octobre 2018.

Le Boeing 737 Max qui s’est écrasé le 10 mars dernier en Éthiopie « n’a pas été endommagé par un objet étranger » mais a subi, après un « décollage normal », un problème de « piqué répétitif et non commandé » auquel les pilotes ont vainement tenté de remédier en suivant les procédures d’urgence recommandées par Boeing pour désactiver le pilotage automatique et reprendre le contrôle de l’appareil.

C’est ce qui ressort de la conférence de presse qui a eu lieu ce 4 mars à Addis-Abeba, en présence de la ministre éthiopienne des Transports, Dagmawit Moges, et du responsable de l’enquête éthiopienne. Selon les conclusions qui avaient déjà fuité depuis plusieurs jours, c’est un logiciel, le système de stabilisation de l’appareil (MCAS), qui font l’objet principal du rapport préliminaire. Mais ce logiciel n’a pas été directement cité par les officiels éthiopiens durant la conférence de presse.

Une défaillance logicielle

L’enquête « n’a pas pour but de dresser des accusations, mais d’assurer la sécurité future », a précisé la ministre, selon laquelle « le système de contrôle des vols doit être revu par le fabricant ». Le problème du MCAS a déjà été identifié par Boeing, qui prépare une mise à jour logicielle pour empêcher la répétition d’un tel accident.

« Le fait que ce rapport ne présente pas de problème de conception, mais une défaillance logicielle qu’il connaît déjà et s’efforce de corriger est un soulagement pour le constructeur. Le système ne s’appuiera plus sur un seul capteur ni ne forcera le nez à plusieurs reprises », analyse Chris Bryant, chroniqueur pour Bloomberg.

Cependant, pour Michael Hewson, analyste de CMC Markts UK interrogé par l’agence de presse, ce rapport reste une « mauvaise nouvelle » pour Boeing : « Si les pilotes ne sont pas à blâmer, cela signifie que ses process vont être attentivement scrutés », a-t-il déclaré.

Le PDG d’Ethiopian Airlines, Tewolde GebreMariam, a réagi via un communiqué se disant « très fier de l’attitude de nos pilotes, qui ont suivi les procédures d’urgence recommandées, et de leur haut degré de professionnalisme dans une situation aussi difficile ».

Les 737 max immobilisés

L’avion d’Ethiopian s’est écrasé six minutes après son décollage le 10 mars. Le 29 octobre, un même appareil de la compagnie indonésienne Lion Air s’était abîmé en mer de Java, faisant 189 victimes.

Ces deux catastrophes rapprochées ont conduit il y a trois semaines les autorités à immobiliser toute la flotte des 737 Max dans le monde en raison de leurs similitudes : accidents survenus quelques minutes après le décollage à l’issue de mouvements d’oscillation brutaux et rapprochés. L’enquête éthiopienne n’est pas terminée : le rapport complet ne sera publié que dans un an, a annoncé Dagmawit Moges.

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