Elections

Comores : sitôt réélu, Azali Assoumani s’affranchit du calendrier pour reprendre ses fonctions

Le président des Comores Azali Assoumani vote pendant le référendum constitutionnel destiné à lui permettre de se représenter pour un deuxième mandat consécutif, à Moroni, le 30 juillet 2018. © TONY KARUMBA/AFP

Le président comorien Azali Assoumani n'a patienté que quelques heures après la confirmation officielle de sa réélection, mardi, pour reprendre possession de son bureau. Un empressement parfaitement « légal », selon le ministre de l'Intérieur.

La date de son investiture avait été fixée au 26 mai. Mais Azali Assoumani s’est affranchi du calendrier pour reprendre ses fonctions. « Les résultats officiels de l’élection présidentielle (…) proclamés par la Cour suprême confirment ma réélection dès ce jour et mettent fin à mon statut de président en congé », a-t-il déclaré mardi soir, dans une adresse à la nation depuis le palais de Beit-Salam. Comme l’exige la Constitution de l’archipel, le colonel Azali s’était officiellement mis en congé pour faire campagne pour la présidentielle anticipée du mois dernier.

Climat politique tendu

Son fidèle ministre de l’Intérieur, Mohamed Daoudou, dit « Kiki », a estimé mercredi son empressement parfaitement « légal ». « Le président était en exercice, mais en congé. Le congé est terminé, il reprend donc ses fonctions », a-t-il justifié.


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Malgré les accusations de fraude massive de l’opposition et de nombreux observateurs, la Cour suprême a validé sa victoire dès le premier tour, avec 59,09% des suffrages. Depuis cette réélection contestée, le climat politique est particulièrement lourd aux Comores.

Un collectif de journalistes et de médias comoriens a décidé de boycotter jusqu’au 16 avril les activités du pouvoir pour protester contre sa « censure » et ses « intimidations », reprochant au gouvernement de « nombreuses atteintes » à leur liberté.

Lundi matin, les forces de l’ordre sont ainsi intervenues chez un imprimeur pour empêcher la distribution de ces médias, qui accusaient en « une » les gendarmes de « tortures » sur un journaliste placé quelques heures en garde à vue samedi. « L’attitude des autorités à l’égard des journalistes est aussi inacceptable qu’irresponsable », a estimé Arnaud Froger, de Reporters sans frontières (RSF).


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Pas de recours

Les douze adversaires d’Azali Assoumani au premier tour refusent de reconnaître sa victoire, qu’ils qualifient de « hold-up électoral ». L’opposition n’a cependant déposé aucun recours devant la Cour suprême, qu’elle juge inféodée au régime, et exige la tenue d’un nouveau scrutin « dans les plus brefs délais ».

Depuis des mois, l’opposition dénonce la « dictature » d’Azali Assoumani. Elle lui reproche entre autres d’avoir dissous la Cour constitutionnelle, modifié la Constitution dans un sens qui pourrait lui permettre de rester au pouvoir jusqu’en 2029 et ordonné l’arrestation de dizaines de ses membres.

Arrivé quatrième du scrutin, le colonel Soilihi Mohamed, dit « Campagnard », a par ailleurs été arrêté jeudi dernier après avoir annoncé avoir pris la tête d’un « comité national de transition » (CNT) destiné à « régler la crise post-électorale » et « assurer une transition pacifique ».

L’ancien chef d’état-major de l’armée est accusé d’avoir voulu « mettre en place un gouvernement parallèle », selon une source gouvernementale. Selon son entourage, Soilihi Mohamed était toujours en garde à vue mardi dans les locaux de la gendarmerie de la capitale Moroni.

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