Économie

Libre-échange : la signature gambienne amorce l’entrée en vigueur du futur marché commun

Au sommet de l'UA à Kigali, le 20 mars 2018, lors de la signature l'accord sur la Zlec. © © DR / union africaine

Depuis l'approbation du Parlement gambien, le 2 avril, vingt-deux États auront bientôt ratifié l'accord de création de la Zone de libre-échange continentale, dont l'entrée en vigueur pourrait intervenir au mois de juillet.

Le Parlement gambien a approuvé la ratification de l’accord sur la Zone de libre-échange continentale (Zlec) le 2 avril, ce qui porte à 22 le nombre d’États ayant ratifié ou approuvé la ratification de cet accord. Dès que ces 22 ratifications seront effectives et déposées devant le président de la commission de l’Union africaine, cette zone de libre-échange pourra entrer en vigueur.

« La ratification est un processus dynamique qui prend du temps » justifie Albert Muchanga, commissaire de l’UA en charge du commerce et de l’industrie, joint par Jeune Afrique. « Lorsque le Parlement d’un pays approuve la ratification, son ambassadeur à l’UA doit déposer l’instrument de ratification auprès du président de la commission de l’UA, ce qui peut prendre plusieurs semaines », explique le commissaire, qui prévoit le processus de lancement de la Zlec puisse être amorcé aux alentours du mois de juillet.

Lancé il y a un an, ce projet de Zlec réunit 52 pays signataires, sur les 55 membres de l’UA. Seuls le Bénin, l’Érythrée et le Nigeria n’ont pas encore porté leur signature à l’accord de création de la zone.

Un marché commun de 1,2 milliard d’habitants

C’est Albert Muchanga qui a annoncé cette approbation du parlement gambien sur Twitter, en précisant que « le travail sur les concessions tarifaires, les paiements et règlements, les barrières non-tarifaires et l’information commerciale sont les autres étapes qui progressent très bien pour le lancement [de la Zlec] ».

Censé réunir les 55 pays du continent dans une zone commerciale de libre échange, ce projet de Zlec est l’une des pierres angulaires de l’agenda 2063 de l’UA. En discussion depuis 2012, elle vise à créer un marché commun de 1,2 milliard d’habitants, dont le PIB cumulé avoisinerait 2 500 milliards de d’euros. Pour ses défenseurs, la Zlec doit stimuler les échanges intra-continentaux et inciter les investissements directs étrangers. C’est aussi l’un des outils qui permettra à l’Union africaine d’acquérir son indépendance financière et de renforcer sa voix sur le plan international.

Le Nigeria défend ses intérêts

Les 17 pays à avoir ratifié l’accord de la Zlec sont : le Kenya, le Ghana, le Rwanda, le Niger, le Tchad, le Swaziland, la Guinée, l’Ouganda, la Côte d’Ivoire, l’Afrique du Sud, le Mali, la Namibie, la RDC, la Mauritanie, Djibouti, le Togo et l’Égypte.

Cinq autres pays ont approuvé sa ratification, mais n’ont pas encore terminé le processus. Il s’agit de la Sierra Leone, du Sénégal, du Zimbabwe, de l’Éthiopie et de la Gambie.


>>> À LIRE – Zone de libre-échange continentale africaine : quels gagnants et quels perdants ?


Lors du Africa CEO Forum organisé à Kigali le 25 mars dernier le Nigérian Abdulsamad Rabiu, patron du conglomérat BUA Group, avait expliqué que son pays prenait son temps pour rejoindre la zone de libre-échange du fait de expériences difficiles de mise en œuvre pour des accords semblables à l’échelon de l’Afrique de l’Ouest.

Le président nigérian Muhammadu Buhari n’est d’ailleurs pas opposé à cette Zlec, mais ses porte-parole répètent qu’il tient à ce que cette décision d’intégration continentale soit issue d’une décision collective émanant à la fois des citoyens et des sphères économiques et politiques. Il cherche aussi à s’assurer que cette zone ne nuira pas à la compétitivité de son pays, première économie du continent.

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