Société

Côte d’Ivoire : près de 100 cybercriminels ont été interpellés en 2018

L’accaparement de la Toile par huit entreprises américaines et chinoises – Alphabet (holding de Google), Alibaba, Amazon, Apple, Baidu, Facebook, Microsoft et Tencent – est une grande menace qui pèse sur la santé du réseau.

L’accaparement de la Toile par huit entreprises américaines et chinoises – Alphabet (holding de Google), Alibaba, Amazon, Apple, Baidu, Facebook, Microsoft et Tencent – est une grande menace qui pèse sur la santé du réseau. © Michel Spingler/AP/SIPA

Quatre-vingt neuf escrocs sur Internet ont été interpellés en 2018 en Côte d'Ivoire, selon l'instance ivoirienne de régulation de la téléphonie. Le montant du préjudice s’élève à 5,5 milliards de francs CFA.

« En 2018, 89 « brouteurs » (escrocs sur internet) ont été interpellés, après 2 860 plaintes, dont 73 ont été déférés devant la justice pour escroquerie sur le net », a annoncé l’Autorité de régulation des télécommunications de Côte d’Ivoire (ARTCI), reprenant les chiffres de la Plateforme de lutte contre la cybercriminalité (PLCC) de la police nationale.

Quelque 92% des fraudeurs sont des hommes, âgés en moyenne de 24 ans et ayant connu une scolarité difficile ou déscolarisés autour de la classe de 3e, selon l’ARTCI. 339 comptes ont été supprimés ou récupérés en 2018, selon la police.

Le montant du préjudice lié à cette cyberfraude est conséquent : il s’élève à 5,5 milliards de francs CFA (environ 8 millions d’euros), dont 98% des victimes résident en Côte d’Ivoire. En 2013, la cyberfraude avait coûté 26 milliards de F CFA (39,6 millions d’euros) à la Côte d’Ivoire, selon les derniers chiffres officiels.


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Une forte cybercriminalité

Connue pour l’habileté de ses cybercriminels, le pays a mis en place des outils contre la cybercriminalité, dans le cadre d’une collaboration étroite entre l’ARTCI et la police nationale, qui se sont félicités des « résultats encourageants et perceptibles ».

« Même si beaucoup reste encore à faire pour assainir et rendre plus sûr notre cyberenvironnement, il est bien de saluer les avancées colossales que nous avons réalisées durant ces dernières années, avec notamment la restauration progressive de l’image de marque de notre pays sur les marchés et places numériques mondiales », a précisé le directeur l’ARTCI, Bilé Diéméléou.

Hausse des transactions via le mobile money

Les « brouteurs » d’Abidjan, qui tirent leur nom de ruminants ne craignant pas de « manger l’herbe » hors de leur zone, ciblent également les Européens, tirant de la crédulité de certains internautes.

Les transactions financières via le mobile money en Côte d’Ivoire ont atteint 6 300 milliards de francs CFA (9,6 milliards d’euros) en 2018, contre 4 500 milliards en 2016 (6,8 milliards d’euros). Soit un volume journalier de 15 milliards de francs CFA (près de 23 millions d’euros).

La téléphonie mobile représente 8% du PIB ivoirien et le secteur est l’un des plus gros employeurs du pays, première puissance économique d’Afrique de l’Ouest francophone. Début 2018, le marché de la téléphonie mobile comptait 32 millions de clients, dont les trois plus opérateurs en Côte d’Ivoire sont le groupe français Orange, le sud-africain MTN et le groupe ivoiro-saoudien Atlantique Télécom.

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