Banque

Maroc : grandes ambitions et performances fragiles à la BMCE

L'établissement créé en 1959 et privatisé en 1995, arrive à une période charnière de son existence. Ici, son siège de Casablanca. © © Wikimedia Commons

Le 2 avril, BMCE Bank of Africa a annoncé un plan stratégique de 5 milliards de dirhams pour renforcer son capital, un changement de nom d'ici la fin de l'année... et des résultats en baisse.

La BMCE Bank of Africa, troisième banque du Maroc et treizième du continent, prévoit une augmentation de son capital de près de 5 milliards de dirhams (458,5 millions d’euros) pour la période 2019-2021. C’est Othman Benjelloul en personne, président du groupe, qui a fait cette annonce ce mardi 2 avril, lors de la présentation des résultats annuels de la banque.

Cette augmentation sera portée notamment par un nouvel actionnaire étranger, qui devrait apporter à lui seul l’équivalent de 2 milliards de dirhams. Son nom n’a pas été dévoilé, les procédures juridiques n’étant pas terminées, a expliqué le président du groupe, qui a promis d’en dire davantage « dans les semaines qui viennent ».

Pour lever les 3 milliards restant, le président de la banque propose à ses actionnaires la conversion optionnelle de leurs dividendes pour l’exercice 2018 en actions, sur la base du montant de rémunération maximal par action convertie (5 dirhams par action), et de reconduire cette opération pour l’exercice de l’année 2019. Si les actionnaires acceptent cette proposition, la banque envisage de lever deux fois 900 millions de dirhams à l’horizon 2020.

Rebaptisée simplement « Bank of Africa »

Le dernier milliard que la banque entend mobiliser viendra d’un appel public à l’épargne, a poursuivi Othman Benjelloul.

Le président de BMCE compte dont sur la mobilisation des investisseurs et actionnaires, même si les performances 2018 sont apparues fragiles : le produit net bancaire a enregistré une chute de 1 %, passant de 13,3 milliards de dirhams en 2017 à 13,2 milliards en 2018, et le résultat net en baissé de 9,7 % (passant de 1,5 milliard en 2017 à 1,34 en 2018). Ces résultats seraient dus à la fois à la crise économique qui ralentit la croissance au Maroc, mais aussi « aux implications d’un resserrement réglementaire qui pèse sur [les] fonds propres, tant au Maroc que dans les territoires d’opération du groupe, en Europe et en Afrique », a expliqué Othman Benjelloun.


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Le président du groupe a en outre annoncé que le nom de la banque serait simplifié à partir du 11 septembre prochain pour devenir Bank of Africa. « L’Afrique est notre présent et notre avenir », a-t-il précisé, soulignant que cet « axe stratégique africain est une opportunité considérable de création de valeurs ».

Soixantième anniversaire

Implantée dans 31 pays (20 en Afrique, 8 en Europe, mais aussi en Chine, au Canada et aux Émirats arabes unis), la banque réunit près de 15 000 collaborateurs, 1 700 agences, et plus de 6 millions de clients. Elle fête cette année sa soixantième année d’existence et se revendique comme étant « le groupe bancaire marocain le plus orienté vers l’international ». Ses activités vont de la banque commerciale à la banque d’investissement, en passant par le leasing, le factoring, le crédit à la consommation et le recouvrement.

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