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Cet article est issu du dossier «Présidentielle au Sénégal : un « coup KO » réussi pour Macky Sall»

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Politique

« Nos acquis sont indéniables » : réélu au Sénégal, Macky Sall prête serment devant un parterre de chefs d’État africains

Macky Sall, lors de sa prestation de serment pour un second mandat, le 2 avril 2019.

Macky Sall, lors de sa prestation de serment pour un second mandat, le 2 avril 2019. © REUTERS/Christophe Van Der Perre

Macky Sall a prêté serment pour un second mandat devant quelque 3 000 personnes, parmi lesquels une quinzaine de chefs d'État africains. Il a promis de « renforcer les acquis » du Plan Sénégal émergent, et a affiché sa volonté d'ouvrir un dialogue national « ouvert à toutes les forces vives du pays ».

C’est devant un vaste panel de chef d’État que Macky Sall a prêté serment, ce mardi. Main droite levée, faisait face aux quelques 3 000 personnes invitées, le président sénégalais, réélu pour un  second mandat – de cinq années cette fois -, a juré « de consacrer toutes [ses] forces à défendre les institutions constitutionnelles, l’intégrité du territoire et l’indépendance nationale » et « de ne ménager aucun effort pour la réalisation de l’unité africaine ».

« Je jure d’observer comme de faire observer scrupuleusement les dispositions de la Constitution et des lois », a-t-il récité, lors de la très brève prestation de serment organisée en fin de matinée au Centre des expositions de Diamniadio, le pôle urbain sorti de terre à une trentaine de kilomètres de Dakar.

Une quinzaine de chefs d’État africains présents

Macky Sall accueille son homologue rwandais Paul Kagame à Dakar, le 1er avril 2019.

Macky Sall accueille son homologue rwandais Paul Kagame à Dakar, le 1er avril 2019. © Présidence Sénégal

La cérémonie s’est déroulée sous le regard d’une quinzaine de chefs d’État africain, salués un à un par le président sénégalais

Après une salve d’applaudissements – en dépit de la la consigne « ne pas applaudir » affichée en caractères rouges sur les écrans géants -, Macky Sall s’est vu remettre le collier de Grand Maître de l’ordre national du Lion des mains du Chancelier, le général de Corps d’armée Meissa Niang.

La cérémonie s’est déroulée sous le regard d’une quinzaine de chefs d’État africain, salués un à un par le président sénégalais, qui les a remercié d’avoir « rehaussé cette cérémonie par [leur] présence ». Le premier rang avait des allures de sommet de l’Union africaine : étaient présents les présidents rwandais Paul Kagame et congolais Denis Sassou-Nguesso, entourant la première dame Marième Sall, ainsi que Félix Tshisekedi (RDC), Sarhle-Work Zewde (Éthiopie), Ibrahim Boubacar Keïta (Mali), Alpha Condé (Guinée), Mohammed Ould Abdel Aziz (Mauritanie), Muhammadu Buhari (Nigera), Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), Andry Rajoelina (Madagascar) ou encore Adama Barrow (Gambie), très proche de Macky Sall.


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À leurs côtés, de nombreuses délégations étrangères, représentant notamment le Qatar, la Turquie, la Chine, l’Arabie Saoudite ou encore la France, représentée par Ségolène Royal. L’ex-ministre de l’Environnement de François Hollande, désormais « ambassadrice des pôles Arctique et Antarctique », est née à Dakar.

Pour Pape Biram Touré, vice-président du groupe Benno Bokk Yakaar à l’Assemblée nationale, la présence des chefs d’État africains en nombre s’explique « par le leadership nouveau du Sénégal et la volonté des chefs d’État africains d’un changement démocratique que représente le Sénégal ».

« Transparence du vote »

« Le peuple sénégalais souverain vous a renouvelé sa confiance », a déclaré Pape Oumar Sakho, le président du Conseil constitutionnel, devant lequel Macky Sall a officiellement été investi. Saluant « la transparence du vote » lors de la présidentielle, et comme pour mieux tourner la page des contestations qui ont suivi dans les rangs de l’opposition – qui a finalement pris la décision de ne pas déposer de recours – , Pape Oumar Sakho a tenu à insister sur le fait qu’« aucune irrégularité de nature à altérer la crédibilité du scrutin » n’avait été relevée.

Les Sénégalais sont conscients qu’ils entrent dans une nouvelle ère, qu’ils appréhendent autant qu’ils l’espèrent

Il a par ailleurs exhorté Macky Sall à « tout mettre en oeuvre pour la réalisation des rêves de bonheur, de prospérité, de justice et de sécurité des citoyens sénégalais […] dans un contexte mondial où les démocraties traversent une crise profonde des valeurs républicaines ».


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« De nouvelles perspectives économiques semblent s’ouvrir pour notre pays. Les Sénégalais sont conscients qu’ils entrent dans une nouvelle ère, qu’ils appréhendent autant qu’ils l’espèrent », a par ailleurs ajouté le président du Conseil constitutionnel.

Promesse de dialogue national

Ensuite, pendant une vingtaine de minutes, Macky Sall, écharpe verte présidentielle en bandoulière, a prononcé un discours en forme de plaidoyer pro domo, égrenant les « améliorations » sociales, éducatives, sanitaires réalisées sous son précédent septennat, ou encore se félicitant de « la marche vers l’autosuffisance alimentaire ». « Nos acquis sont indéniables et seront renforcés par la mise en œuvre de la deuxième phase du PSE [Plan Sénégal Émergent] sur la période 2019-2024 », a-t-il également lancé devant une audience toute acquise.

Sur le plan politique, le président sénégalais a affiché sa volonté d’ouvrir un dialogue national « sans exclusifs et ouvert à toutes les forces vives du pays ». ll s’est par ailleurs engagé à soutenir la jeunesse et l’entrepreneuriat – « en particulier dans l’économie numérique » – assurant également qu’il porterait une attention particulière aux politiques publiques concernant les femmes et les filles, « ces héroïnes du quotidien ».


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Enfin, Macky Sall a annoncé des réformes pour « moderniser l’administration », et promis « des efforts pour la préservation de l’environnement ». Son appel à un « Sénégal avec zéro déchets », a réveillé la salle, visiblement avide d’en finir avec « l’insalubrité et l’occupation anarchique de l’espace public ».

Le président sénégalais doit, dès demain, annoncer le nom du Premier ministre qui dirigera le premier gouvernement de son second mandat. « La composition du reste du gouvernement devrait certainement être connue également », a glissé à Jeune Afrique un ministre conseiller, sous couvert d’anonymat.

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