Musique

Cameroun : décès de Jean-Pierre Saah, célèbre producteur de musique

Des tirs de gaz lacrymogènes ont été employés à Douala après une rixe entre forces de sécurité. (photo d'illustration) © Flickr/CC/Christine Vaufrey

Jean-Pierre Saah, fondateur du célèbre label JPS Production, a été tué au cours d’une agression à son domicile. Un premier suspect aurait déjà été identifié après l'ouverture de l'enquête. L'homme d'affaires, qui avait notamment produit Manu Dibango ou le groupe Magic System, était à la tête d'une fortune aux origines controversées.

Jean-Pierre Saah, producteur de musique réputé à travers le continent africain, a été retrouvé mort dans la nuit du 31 mars au 1 avril à la suite d’une agression perpétrée par des individus non identifiés, dans sa résidence située au quartier Bonabéri, dans le 4e arrondissement de la ville de Douala. Sa belle-mère et son fils, présents au moment des faits, sont eux sains et saufs.

Le natif de Bangangté (région de l’Ouest), âgé d’une soixantaine d’années, aurait été ligoté par ses assaillants, qui attendaient son retour à son domicile aux alentours de 22 heures, selon des sources chargées de l’enquête et des proches du défunt interrogés sur les lieux par Jeune Afrique.

Les téléphones portables, des biens de valeur et une importante somme d’argent ont notamment été dérodés. Selon les premiers éléments de l’enquête, le producteur aurait été étouffé.

L’enquête, qui a immédiatement été ouverte pour retrouver les auteurs, a été confiée au commissariat central N3. Un suspect a déjà été identifié : il s’agit du vigile du domicile du producteur, qui est porté disparu depuis l’agression.

Producteur de Manu Dibango et Magic System

Le décès de Jean-Pierre Saah a suscité une vague d’émotion dans l’opinion publique, et en particulier au sein du milieu artistique. « C’est une terrible perte pour la famille des artistes, car c’est vers lui que nous allions lorsque nous rencontrions des difficultés. Vers qui irons-nous maintenant ? C’est écœurant », a déploré l’artiste Nicole Mara, contactée par Jeune Afrique. « Chaque artiste passé sous son label a connu un suivi incomparable et un traitement inoubliable », a également réagi sur Facebook la chanteuse camerounaise Lady Ponce.

L’homme était l’une des grandes figures de la production musicale sur le continent. De Manu Dibango au groupe ivoirien Magic System, en passant par l’artiste congolais Werrason, les Sud-Africains du Makoma, les Camerounais Grace Decca, Lady Ponce ou encore Petit Pays, le fondateur du label JPS Production était devenu un incontournable des milieux de la musique à la fin des années 1990 et 2000.

Des investissements considérables dans le secteur artistique, pour un hommes d’affaires dont les activités ont longtemps été nimbées de mystères. L’opacité entourant l’origine de sa fortune a entretenu doutes et controverses. « JPS ne vivait pas que de la musique. Il y a investi beaucoup d’argent, mais je suis sûr, ayant travaillé avec lui, qu’il n’en a pas récupéré autant », a notamment confié à Jeune Afrique un de ses anciens partenaires d’affaires, sous couvert d’anonymat.

Plus discret depuis la crise du disque ayant entraîné la chute de son empire, Jean-Pierre Saah n’était pour autant pas à l’abri des rumeurs sur son compte. La dernière, datant de 2015, l’annonçait emprisonné dans un pays arabe, les yeux crevés et les doigts mutilés, à la suite d’une présumée arnaque qui aurait mal tourné. L’homme d’affaires avait démenti ces fausses informations en faisant plusieurs apparitions publiques quelques semaines plus tard.

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