Electricité

Zimbabwe : le prix de l’électricité pourrait augmenter de 30 %

Pour faire face aux coupures, certains habitants ont recours à l'usage de générateurs électriques, comme ici à Harare (Zimbabwe) en septembre 2015 © AP/Sipa/Tsvangirayi Mukwazhi

Pour faire fasse à la hausse du prix des matières premières et financer la maintenance de ses réseaux, l'entreprise publique d'électricité zimbabwéenne pourrait augmenter ses tarifs de 30 %.

La société publique de production d’électricité au Zimbabwe, la Zimbabwe Electricity Supply Authority (Zesa), souhaiterait augmenter ses tarifs de 30 %. Elle a ainsi déposé une demande d’autorisation auprès de l’Autorité de régulation de l’énergie (Zera), selon le quotidien zimbabwéen The Herald. Cette hausse des tarifs, si elle est acceptée, devrait permettre à l’entreprise de financer les coûts de maintenance de ses réseaux et de faire face à la hausse des prix des matières premières utilisées pour la production d’électricité (charbon et diesel).


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« Nous souhaitons revoir nos tarifs en concordance avec la déclaration de politique monétaire qui instaure un nouveau rapport de 1/2,5 [le taux de change entre la monnaie transitoire, le dollar RTGS, et le dollar américain, ndlr] », a ainsi expliqué Patrick Chivaura, directeur exécutif par intérim de la Zesa, dans les colonnes du journal.

Prix du diesel multiplié par deux

Le Zimbabwe a connu en février dernier une hausse généralisée des prix, après l’abandon par la Banque centrale de la parité officielle de 1/1 entre le dollar américain et le dollar RTGS. La banque avait ensuite fusionné ses obligations et ses dollars électroniques au sein de cette même réserve de monnaie transitoire.

Le prix du diesel a également doublé en janvier 2019, et le Zesa, qui en utilise de grandes quantités, n’a bénéficié d’aucun rabais, ce qu’a regretté le directeur exécutif par intérim de la Zesa.

Vers de nouvelles coupures ?

La demande auprès de la Zera a été introduite malgré l’opposition du ministre de l’Énergie, Joram Gumbo, et un premier refus en 2016 de l’Autorité et du gouvernement, lorsque la société publique avait sollicité une augmentation de ses tarifs de 49 %.

En cas de refus de cette nouvelle demande, l’entreprise devrait voir sa capacité de production fragilisée, la contraignant ainsi à effectuer davantage de coupures de courant, a-t-elle mis en garde. « La maintenance se répercute généralement sous forme de coupures d’électricité dans des localités, et l’effondrement de lignes entraîne d’autres coupures car nous ne pouvons pas entretenir les appareils de commutation, ni les transformateurs, et ainsi de suite », a précisé Patrick Chivaura. La Zesa distribue 1 604 mégawatts d’électricité alors que la demande nationale s’élève à 2 000 mégawatts, a précisé l’agence de presse Reuters.

Si le gouvernement redoute que cette hausse des prix se répercute sur l’économie déjà fragile du Zimbabwe, les coupures pourraient aussi mettre à mal l’activité minière du pays, qui génère prêt de la moitié des revenus d’exportation du pays.

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