Religion

Le pape François au Maroc pour une courte visite

Le pape François lors d'une messe à Philadelphie, en clôture d'un rassemblement mondial des familles, le 27 septembre 2015.

Le pape François lors d'une messe à Philadelphie, en clôture d'un rassemblement mondial des familles, le 27 septembre 2015. © Cj Gunther/AP/SIPA

Le pape François entame samedi une courte visite au Maroc, centrée sur le dialogue avec l'islam et la problématique des migrations, deux priorités de son pontificat, avant de saluer le lendemain une communauté catholique ultra-minoritaire portée par les fidèles originaires d'Afrique subsaharienne.

Le chef spirituel des 1,3 milliard de catholiques a été invité par Mohammed VI, roi du Maroc et « Commandeur des croyants », pour cette visite « placée sous le signe du développement du dialogue interreligieux », selon les autorités marocaines.

Un thème prioritaire pour le pape, même si les scandales d’abus sexuels dans l’Église catholique focalisent l’attention du public.

Bâtiments repeints, rues pavoisées, pelouses tondues, forces de l’ordre renforcées… Tout a été fait pour recevoir le souverain pontife en grande pompe à Rabat, capitale d’un pays à 99% musulman.

Le roi accueillera le pape à sa descente d’avion avec, comme le veut la tradition, des dattes et du lait d’amande. Les deux hommes se rendront ensuite en cortège, l’un en papamobile, l’autre en limousine, sur une grande esplanade de Rabat bordée par une mosquée et un mausolée.

Quelque 25 000 personnes sont attendues près de l’esplanade, où les discours des deux hommes seront retransmis sur des écrans géants.

« Tolérance religieuse »

Après un tête-à-tête avec Mohammed VI au palais royal, le pape se rendra à l’Institut de formation des imams qui accueille des Marocains et des étrangers d’une dizaine de pays, dont la France. Ils sont 1 300 étudiants, hommes et femmes, à suivre des cursus dans cet établissement, fer de lance de « l’islam modéré » prôné par le roi.

« C’est un événement très significatif, la première fois qu’un pape est accueilli dans un institut de formation d’imams », a souligné avant la visite le porte-parole du souverain pontife, Alessandro Gisotti, alors que le pape François dénonce régulièrement toute forme d’extrémisme religieux.


>>> À LIRE – Les enjeux de la visite du pape François au Maroc, 34 ans après celle de Jean-Paul II


Le roi et le pape ne prendront pas la parole mais écouteront les témoignages de deux étudiants, l’un d’Afrique, l’autre d’Europe, ainsi qu’une déclaration du ministre marocain des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq. Un concert de musiques puisées dans le répertoire des traditions islamiques, juives et chrétiennes est également prévu.

En février, lors d’une visite historique aux Émirats arabes unis, le pape et le grand imam de l’institution de l’islam sunnite Al-Azhar au Caire, cheikh Ahmed al-Tayeb, avaient co-signé un « document sur la fraternité humaine », appelant notamment à la liberté de croyance et d’expression et à la pleine citoyenneté pour les « minorités » discriminées.

Le pape ne manquera pas d’évoquer ce document qu’il distribue désormais à tous les chefs d’État, selon Alessandro Gisotti.

Le texte valorise « la culture de la tolérance », sans toutefois aller jusqu’à admettre le droit à ne pas adhérer à une religion.

Au Maroc, où l’islam est la religion d’État, les autorités aiment souligner la « tolérance religieuse » qui permet aux chrétiens étrangers et aux juifs d’exercer librement leur religion.

Reste que pour les Marocains considérés automatiquement comme musulmans quand ils n’appartiennent pas à la communauté juive, l’apostasie est désapprouvée par la société et le prosélytisme en faveur d’une autre religion condamné par la loi.

Si le renoncement à l’islam n’est pas explicitement mentionné dans le code pénal, ceux qui sont soupçonnés d' »ébranler la foi d’un musulman ou de le convertir à une autre religion » peuvent être poursuivis.

Longtemps dans l’ombre, la petite minorité des convertis plaide ouvertement depuis 2017 pour vivre sa foi « sans persécution » et « sans discrimination ».

Politique « humaniste »

En fin de journée samedi, le pape François rencontrera des migrants dans un local de l’ONG catholique Caritas, qui gère des centres d’accueil destinés à soulager la misère de ceux qui tentent de rallier le continent européen.

La route via le Maroc vers l’Espagne est devenue ces dernières années la principale voie des migrants venant des pays subsahariens, du fait notamment de la fermeture du trajet via la Libye.

En 2017, les trois centres d’accueil de Caritas ont reçu 7 551 nouveaux arrivants, selon l’organisation.

Le royaume marocain revendique une politique « humaniste » centrée sur la régularisation des migrants et rejette les critiques des défenseurs des droits humains qui ont dénoncé ces derniers mois des « campagnes d’arrestations brutales » et des « déplacements forcés » de migrants vers le sud du pays.

Dimanche, le pape consacrera sa journée à la petite communauté catholique du pays, en clôturant sa visite par la plus grande messe catholique jamais célébrée au Maroc, avec quelque 10 000 personnes attendues dans un complexe sportif.

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