Automobile

Afrique du Sud : CFAO en passe d’accéder au premier marché automobile d’Afrique

Depuis fin 2016, Toyota Tosho Corporation est propriétaire de CFAO.

Depuis fin 2016, Toyota Tosho Corporation est propriétaire de CFAO. © Sylvain Cherkaoui/Jeune Afrique/2012.

Le distributeur automobile français est en négociations exclusives avec le conglomérat Steinhoff pour acquérir 74,9 % de sa filiale automobile Unitrans. Ce qui lui permettrait d'accéder au premier marché automobile d'Afrique, tout en renflouant les caisses de Steinhoff, en grande difficulté.

Le distributeur français CFAO est en voie d’acquérir 74,9 % de l’un des principaux revendeurs automobile d’Afrique du Sud, Unitrans Motor Group, filiale du groupe sud africain Steinhoff, embourbé depuis près de deux ans dans un scandale de malversations financières chiffré à 6,5 milliards d’euros.

L’ouverture de négociations exclusives entre les deux groupes a été annoncé ce 29 mars dans un communiqué de CFAO, mais aucun montant n’a été annoncé.

« Il est envisagé que Steinhoff cède les 25,1 % du capital restant d’Unitrans à un partenaire sud-africain respectant les critères de Broad-Based Black Economic Empowerment [programme sud-africain de participation aux entreprises, garantissant l’inclusion des populations désavantagées lors de l’apartheid dans le développement économique du pays, NDLR] » précise le groupe.

6 000 employés et 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires à intégrer

Filiale française du japonais Toyota Tsusho Corporation (TTC) et poids lourd de la vente de véhicules neufs en Afrique subsaharienne, CFAO accédera grâce à cette acquisition au plus important marché africain pour la vente de véhicules neufs (plus de 550 000 unités vendues en 2018, soit 45 % des ventes de véhicules neufs sur le continent, selon CFAO). Le groupe s’ouvrira par la même occasion à une clientèle de particuliers alors qu’il s’est principalement développé sur la vente aux entreprises.

Unitrans, qui a réalisé en 2018 un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros, dispose de 99 points de vente en Afrique du Sud, distribuant plus de 20 marques (Audi, BMW, Honda, Lexus, Mitsubishi, Renault, Toyota…), en neuf ou en occasion, à des professionnels et des particuliers. Le groupe, qui exerce également des activités d’assurances et de location de voitures, emploie plus de 6 000 personnes, ce qui portera les effectifs de CFAO à plus de 21 000 employés si l’acquisition aboutit.

Diversification en cours de la clientèle

« Avec ce projet d’implantation sur le plus grand marché de la distribution automobile du continent, CFAO franchit une étape clé dans son développement panafricain et renforce sa présence en Afrique du Sud », a déclaré Richard Bielle, PDG de CFAO, cité dans le communiqué de presse.

Présent dans la pharmacie, les biens de consommation et les nouvelles technologies, le groupe français poursuit sa volonté de diversifier ses activités autant que sa clientèle ciblée, même s’il a récemment dû revoir ses ambitions à la baisse.


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Son plan de développement de l’activité grande distribution – CFAO retail – prévoyait en 2015 l’ouverture avec Carrefour de quelques 80 magasins en dix ans dans huit pays. Mais cette nouvelle division a échoué à suivre la trajectoire annoncée, avec seulement deux grands centres commerciaux inaugurés à ce jour – les PlaYce de Marcory et Palmeraie à Abidjan – et cinq magasins de l’enseigne Carrefour Market – trois en Côte d’Ivoire, un au Cameroun et un au Sénégal – ce qui a décidé le groupe à recentrer son activité retail sur les trois pays où il est déjà présent.

Steinhoff se déleste pour financer sa dette

La situation financière de CFAO reste tout de même bonne, avec un résultat opérationnel de 807 millions d’euros annoncé pour la division africaine de TTC sur les neuf derniers mois de 2018, en hausse de 4 % par rapport à 2017, et selon nos estimations, un chiffre d’affaires d’environ 5 milliards d’euros attendu pour 2019, sans compter l’intégration d’Unitrans.

Pour Steinhoff, la cession d’Unitrans est une nouvelle étape dans l’assainissement de ses finances. Lorsque l’affaire a éclaté, fin 2017, le cours de ses actions a en effet dévissé de 85 %, entraînant une crise de liquidités. Si la faillite a été évitée, la dette du groupe reste abyssale, et le groupe se déleste de certaines de ses participations pour retrouver des liquidités. Le 27 mars, Steinhoff avait déjà annoncé la vente de ses parts du conglomérat Kap Industrial, dont il possédait 26 % (depuis une première cession d’actifs en mars 2018), pour un montant de 294 millions d’euros.

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