Société

[Chronique] Sidiki Diabaté vs Alisar Zena : buzz et contre-buzz

Par

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

© Glez

Une raillerie inspirée des réseaux sociaux peut revenir vers son auteur comme un boomerang, comme en témoignent quelques joutes grinçantes entre le chanteur malien Sidiki Diabaté et la journaliste ivoirienne Alisar Zena…

Tel est pris qui croyait prendre : à l’heure du tout-buzz, il faut maîtriser son sujet avant de dénoncer une carence. Après avoir reçu un portrait de lui, le chanteur malien Sidiki Diabaté poste des remerciements sur Instagram. Un Sahélien n’ayant, selon l’expression, « pas de bouche pour remercier », le musicien demande à ses abonnés : « Aidez-moi à remercier ce grand artiste Pintre ». Rapidement, les internautes soulignent la faute d’orthographe sur le mot « peintre » et le buzz traverse la frontière qui sépare le Mali de la Côte d’Ivoire….

Tout aussi vite, l’affaire quitte Twitter pour devenir formellement médiatique. Dans son émission sur la Radio télévision ivoirienne, la chroniqueuse Alisar Zena fait mine de condamner le « lynchage » du chanteur. Sauf que l’avocate du jour, sourire narquois aux lèvres, déploie une plaidoirie qui semble friser le second degré. En insistant lourdement sur le fait qu’il ne « faut pas en faire tout un plat », elle semble elle-même en faire un plat : « ça va, ça vaaaaaaa… (…) Ça arrive qu’on se trompe en twittant quelque chose. Après, y a le clavier qui déconne ». Elle oublie hélas qu’en tant que journaliste, elle est davantage garante de la langue française qu’une star d’afro-pop. Elle se fend d’un errata scabreux : « Il a mis “i” au lieu de “ain”… ».

Un « challenge pour tous les Ivoiriens »

Si sa défense du chanteur ne paraissait guère sincère, la présentatrice, via cette nouvelle faute d’orthographe, a bel et bien délivré l’artiste de la battue des haters, puisqu’elle est devenue, à cet instant, la risée privilégiée des réseaux sociaux. Vengé, Sidiki Diabaté relaie le hashtag « #paintre_les_jaloux » en postant la vidéo d’une séance de studio dédiée à celle qu’il appelle sa « chérie Alisar Zena ». Il y interprète les premières notes d’une chanson qui devient rapidement virale, suscitant plus de 700 000 vues.

 

En guise de « challenge pour tous les Ivoiriens », il déploie, avec huit camarades enjaillés, une danse qui imite le geste du peintre…

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