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Cet article est issu du dossier «Démission de Bouteflika : les six semaines qui ont ébranlé l'Algérie»

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Politique

Algérie : démission de Tayeb Belaïz, le président du Conseil constitutionnel

Tayeb Belaïz, à l'époque ministre de l'Intérieur, proclamant la victoire d'Abdelaziz Bouteflika à l'élection présidentielle de 2014. © YouTube/AFP

Tayeb Belaïz, le président du Conseil constitutionnel, a présenté mardi 16 avril sa démission au président par intérim Abdelkader Bensalah. Ce fidèle d'Abdelaziz Bouteflika, deuxième personnage de l'État après le remplacement de l'ex-président de la République, avait été nommé en février à la tête de l'instance.

« Le président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaïz, a informé les membres du Conseil, lors d’une réunion tenue mardi 16 avril 2019, qu’il a présenté au chef de l’État sa démission du poste de président du Conseil constitutionnel qu’il occupe depuis la prestation de serment le 21 février dernier », a souligné l’instance dans un communiqué.

Dans sa lettre de démission adressée au chef de l’État, « M. Belaiz a exprimé son souhait que Dieu préserve l’Algérie et le peuple algérien vaillant de tout danger », ajoute le texte, cité par l’agence officielle APS.

Jeune Afrique vous résume dix choses à savoir sur l’ex-président du Conseil constitutionnel.

1. Loyal

Prêtant serment comme nouveau président du Conseil Constitutionnel jeudi 21 février devant Abdelaziz Bouteflika, il avait fait ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait osé faire : jurer loyauté au chef de l’État. La cérémonie à la résidence de Zéralda s’était tenue dans une telle précipitation que le président de l’Assemblée n’y avait pas assisté.

2. Bercail

Sa nomination dans cette maison de verre située dans le quartier de Ben Aknoun, sur les hauteurs d’Alger, n’était qu’un retour au bercail. Cet ancien magistrat qui fut ministre de la Justice pendant plusieurs années connaît très bien le Conseil constitutionnel pour l’avoir présidé de mars 2012 à septembre 2013.


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3. Intérim

Troisième personnage de l’État par ordre de protocole, il pouvait être désigné président de la République par intérim. Après la démission de Bouteflika, la vacance du pouvoir est assumée par Abdelkader Bensalah, président du sénat. Mais si ce dernier est dans l’incapacité d’assumer cette fonction intérimaire, la charge en serait revenue à Tayeb Belaïz.

4. Réforme

Il a fait partie de la commission nationale de la réforme de la Justice mise en place par Bouteflika peu de temps après son arrivée au pouvoir. Lorsque ce dernier a reçu le rapport de cette commission présidée par l’avocat Mohand Issad, il l’a pourtant rangé dans un tiroir. « Je ne crois pas à l’indépendance de la justice », aurait lancé Bouteflika à son chef du gouvernement de l’époque.

5. Pontage

En mai 2015, il subit un pontage coronarien à la clinique Alleray-Labrouste, dans le 15e arrondissement de Paris. Il quitte l’établissement après deux jours d’hospitalisation. Le médecin qui l’a opéré est un cardiologue algérien. Il continue tout de même de se rendre en France pour un suivi médical.


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6. Frais

Pour son pontage, tous ses frais de soins, de transport et de séjour dans la capitale française ont été réglés par la représentation diplomatique algérienne en France, avant d’être remboursés par la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS) d’Alger. Plusieurs personnalités du régime bénéficient du même traitement.

7. Torture

En 2003, un ex-juge d’instruction dépose plainte contre lui pour avoir prétendument couvert en sa qualité de ministre de la Justice des actes de torture que ce juge aurait subi après avoir été entendu par un procureur sur des soupçons de corruption et de faux. La plainte est classée sans suite.

8. Mohican

Il fait partie des derniers « Bouteflika boys », ces hommes originaires en grande partie de Tlemcen et qui avaient été nommés ministres depuis le premier mandat de Bouteflika entre 1999 et 2004. Tous ont depuis été écartés ou sont tombés en disgrâce, dont le dernier en date Abdelkader Messahel, ex-ministre des Affaires étrangères.


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9. Ombre

Santé oblige, son entourage confie qu’il n’était pas demandeur du poste de président du Conseil constitutionnel. Proche de Bouteflika et de sa fratrie qui lui fait une confiance absolue, il ne pouvait pas refuser un tel poste. Si ça ne tenait qu’à lui, il serait bien resté comme conseiller au Palais d’El-Mouradia.

10. Trafic

À l’été 2010, la presse locale a fait état de l’inculpation d’un de ses enfants dans une affaire de trafic de drogue et de blanchiment d’argent notamment dans l’immobilier. Une cabale pour nuire à sa réputation, à celle de sa famille et à celle de certains cadres de l’État, s’est justifié Tayeb Belaïz.

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