Capital-investissement

Capital-investissement : le private equity affiche son optimisme sur le continent

Les télécoms représentaient le plus grand secteur en terme de valeur investie en 2018. Une publicité pour Airtel à Libreville (Gabon) en juillet 2018. © © Jacques Torregano pour JA (Photo d'illustration)

Levées de fonds croissantes et transactions plus nombreuses, malgré une baisse des montants investis : le secteur du private equity africain gagne en maturité. C'est la conclusion avancée par le rapport 2018 de l'AVCA, qui promeut le capital-investissement sur le continent.

Avec une augmentation du nombre de private equity et des fonds levés en 2018, l’année écoulée témoigne « que les investisseurs demeurent optimistes quant aux perspectives en Afrique ». C’est avec ce commentaire qu’Enitan Obasanjo-Adeleye, directrice de recherche à l’AVCA (African Private Equity and Venture Capital Association) a présenté le rapport annuel de son association.

Basée à Londres, cette structure panafricaine promeut le private equity en Afrique, un secteur qui gagne en notoriété et en maturité sur le continent depuis 2016, après avoir assisté à plusieurs opérations malheureuses poussées par l’enthousiasme excessif des débuts. Désormais la croissance du secteur se stabilise et des fonds d’investissements spécialisés émergent sur le continent : AfriInvest, Amethis, Helios Investment Partners, LeapFrog Investments…

Dans son rapport publié à la mi-mars, l’AVCA souligne ainsi que les levées de fonds destinées au private equity ont atteint 2,7 milliards de dollars en 2018 (2,36 milliards d’euros au 31 décembre 2018), contre 2,4 milliards de dollars en 2017. Cela, après deux années consécutives de baisse depuis 2015. L’association avait alors comptabilisé 4,5 milliards dollars levés, puis 3,4 milliards en 2016, et 2,4 milliards en 2017.

Des investissements plus nombreux, mais des montants en baisse

Le montant total des transactions réalisées diminue depuis 2016, passant de 4 milliards à 3,9 milliards de dollars en 2017, puis 3,5 milliards en 2018. En revanche, leur nombre croît de manière exponentielle depuis quatre ans, passant de 158 en 2015 à 186 en 2018.

Les montants levés ayant augmenté, des réserves de fonds sont prêtes à être injectées. L’heure des grands investissements n’est donc pas encore arrivée et les investisseurs attendent que le marché gagne en maturité.

En quantité cumulée, l’AVCA a ainsi comptabilisé 1022 transactions de private equity en Afrique depuis 2013, pour un montant total de 25,7 milliards de dollars, et 17,8 milliards de dollars de levées de fonds pour un montant médian de 120 millions de dollars.

L’Afrique du Sud, un leader en difficulté

Le nombre de sorties de capital enregistrées a légèrement diminué, passant de 52 sorties en 2017 à 46 en 2018. Ce ralentissement est principalement dû à la diminution des sorties de capital en Afrique du Sud, pays traversant une période d’incertitude économique liée à la fin de l’ère Zuma.

Sur le plan de la répartition géographique, malgré ses récentes difficultés économiques, l’Afrique du Sud est le pays qui a attiré le plus de private equity sur le continent entre 2013 et 2018, en terme de quantité de transactions (17 %) et terme de montants (7%).

Enfin, selon l’AVCA, les secteurs des technologies de l’information (19 %), des biens de consommation (15 %) et des denrées alimentaires (13 %) représentaient près de la moitié du nombre total d’opérations de private equity en 2018, tandis que les télécoms représentaient le premier secteur en terme de valeur investie. La part des technologies de l’information dans le volume total des opérations de private equity s’est considérablement accrue au cours des dernières années, précise le rapport, représentant 19 % des opérations en 2018, contre 10 % en 2016.

 

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