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Cet article est issu du dossier «Présidentielle aux Comores : Azali Assoumani face à douze candidats de l'opposition»

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Elections

Présidentielle aux Comores : Azali Assoumani déclaré vainqueur par la Ceni, son challenger conteste

Azali Assoumani, président de l'Union des Comores. A Paris, le 12.11.2018. Photo : Vincent Fournier/JA

Azali Assoumani, président de l'Union des Comores. A Paris, le 12.11.2018. Photo : Vincent Fournier/JA © Vincent Fournier/JA

Le chef de l'État comorien sortant, Azali Assoumani, a été réélu dès le premier tour de l'élection présidentielle avec 60,77 % des suffrages, selon des résultats annoncés mardi soir par la Commission électorale (Ceni) mais rejetés par l'opposition.

Azali Assoumani, au pouvoir depuis 2016, a très largement devancé son principal adversaire, Mahamoudou Ahamada, du parti Juwa, qui a obtenu 14,62 % des voix, a ajouté le président de la Ceni, Djaza Ahmed Mohamed.

Le camp présidentiel s’est félicité de cette victoire attendue, qui n’a suscité aucun réaction immédiate dans les rues de la capitale, Moroni. « Nous sommes heureux d’avoir gagné au premier tour comme on l’avait annoncé », a réagi Ali Houmed Msaidié, directeur de campagne du président-candidat.

« Coup d’État militaire »

L’opposant Mahamoudou Ahamada a immédiatement « rejeté les résultats », dénonçant « un coup d’État militaire à travers une élection présidentielle ». Il a appelé « la communauté internationale à ne jamais reconnaître la réélection d’Azali » entachée, selon lui, de nombreuses fraudes.

L’opposition et la société civile comoriennes ont dressé un bilan accablant du scrutin de dimanche 24 mars. Ils ont ainsi dénoncé des bureaux saccagés, des urnes bourrées ou confisquées par la gendarmerie, et des assesseurs de l’opposition empêchés de faire leur travail.

Avant même l’annonce des résultats, les douze adversaires du chef de l’État sortant avaient déjà prévenu qu’ils les considéraient comme nuls et non avenus. « Nous utiliserons tous les moyens civils pour nous débarrasser du pouvoir », avait promis l’un d’entre eux, le colonel Soilihi Mohamed, dit « Campagnard ».


>>> À LIRE – Crise aux Comores – Azali Assoumani : « Je crois que la nouvelle Constitution peut être la solution »


Si le ton est plus diplomatique, les observateurs de l’Union africaine (UA), du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa) et des Forces en attente de l’Afrique de l’Est (EASF) ont livré le même verdict.

Ils « déplorent les incidents observés qui n’ont pas permis aux électeurs de sortir massivement pour exercer leur droit civique dans la sérénité ». Avant d’ajouter que « la situation (…) empêche de se prononcer de façon objective sur la transparence et la crédibilité du scrutin ».

Intervention policière

Lundi, la gendarmerie avait dispersé sans ménagement une manifestation de plusieurs candidats au scrutin et d’une centaine de leurs partisans. Ces derniers défilaient dans les rues de la capitale pour dénoncer un « hold-up » électoral. L’intervention a fait 12 blessés légers dans les rangs de l’opposition.

Le ministre de l’Intérieur, Mohamed Daoudou, dit « Kiki », a justifié le recours à la force par la nécessité de maintenir l’ordre public. « Ces gens veulent installer le désordre dans Moroni, il n’est pas question de les laisser faire », a-t-il tonné.

Au pouvoir jusqu’en 2029 ?

Le camp présidentiel a balayé toutes ces critiques. « Je n’ai jamais vu élections plus transparentes dans notre pays », a affirmé très sérieusement Mohamed Daoudou, « nous sommes un pays souverain, personne ne viendra nous imposer quoi que ce soit de l’étranger… »

Tout au long d’une campagne qu’il a écrasée avec les moyens de l’État, Azali Assoumani, 60 ans, avait répété qu’il comptait bien l’emporter dès le premier tour. C’est désormais mission accomplie.

À la tête du pays de 1999 à 2006, réélu en 2016, il est accusé depuis des mois de multiplier les coups de force pour rester au pouvoir. Il y a un an, il a fait adopter par référendum une réforme constitutionnelle qui a remis en cause le système mis en place en 2002 pour mettre fin aux crises séparatistes qui agitaient l’archipel. Avec ces nouvelles dispositions, le chef de l’État pourrait désormais rester – en cas de victoire lors du scrutin de 2024 – au pouvoir jusqu’en 2029.

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