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Cet article est issu du dossier «Africa CEO Forum 2019 : enjeux et défis de l'intégration africaine»

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BTP & Infrastructures

Africa CEO Forum : l’épargne locale est nécessaire au financement des infrastructures

Panel "Infrastructures et financements locaux" au Africa CEO Forum, le 26 mars à Kigali.

Panel "Infrastructures et financements locaux" au Africa CEO Forum, le 26 mars à Kigali. © Africa CEO Forum

« Si on ne relève pas le niveau d’épargne de nos économies, on ne tiendra pas nos objectifs » en matière d'infrastructures, a estimé Corneille Karekezi, PDG du réassureur Africa Re, lors du panel dédié aux investissements des fonds de pensions et assureurs, pour l'instant majoritairement placés dans de la dette publique.

« Il n’y avait pas beaucoup d’infrastructure en Chine il y a quarante ans. Lorsque l’on voit ce qui y a été réalisé, l’Afrique peut-elle suivre le même chemin ? », se demande Colin Coleman, directeur des investissements chez Goldman Sachs, ce 26 mars à Kigali, à l’occasion du Africa CEO Forum.

Alors que les villes se développent à grande vitesse sur le continent – elles sont désormais une vingtaine à compter plus de cinq millions d’habitants, à l’instar de Kano, au Nigeria – et que l’Afrique comptera 450 millions d’habitants de plus d’ici 2030, le besoin en infrastructures se fait sentir. Et les fonds de retraite locaux, qui représentent une source de financement potentiel non négligeable, restent encore durs à mobiliser sur le sujet.

L’Afrique du Sud pionnière

Si « des fonds de pension sont de plus en plus nombreux en Afrique du Sud à financer les infrastructures » poursuit l’expert, ce n’est pas encore le cas du reste du continent.

« Les marchés de capitaux sur le reste du continent ne sont pas encore de très grande envergure et les risques encore trop élevés dans les chemins de fer, les ports et les aéroports », regrette Claver Gatete, ministre rwandais des Infrastructures. Tout en mettant en avant la manière dont son pays a pu développer le secteur énergétique à travers des partenariats public-privé et une libéralisation du marché, ce dernier ne peut que constater l’absence « d’instrument qui permettrait le développement à long terme ».

Les investissements de long terme mal protégés contre l’inflation

Les 400 milliards de dollars gérés par les compagnies locales de réassurance sont ainsi à 80 % investis dans des actifs à court terme. Au Nigeria, seule 12 % de la population place de l’argent dans des fonds de pension. « Si on ne relève pas le niveau d’épargne des économies, on n’atteindra pas nos objectifs », constate Corneille Karekezi, PDG du réassureur Africa Re.

D’après Samaila Zubairu, président d’AFC, ce sont pourtant 5,5 milliards de dollars qui ont été investis au cours des dix dernières années par les différentes compagnies de réassurance dans l’économie. 20 milliards de dollars de fonds de pension au Nigeria sont disponibles.

Reste qu’il n’existe pas de couverture contre l’inflation. « Chaque fois qu’il y a une volatilité des prix, les actifs peuvent être dévalués de moitié » soulève le responsable d’AFC qui a créé le fond de garantie InfraCredit.

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