Dossier

Cet article est issu du dossier «Africa CEO Forum 2019 : enjeux et défis de l'intégration africaine»

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Économie

Des patrons très confiants en l’avenir économique du continent, selon le baromètre dévoilé par Deloitte et Jeune Afrique Media Group

Chargement de conteneurs au port de Libreville. © Jacques Torregano pour JA

Jeune Afrique Media Group et le cabinet Deloitte ont dévoilé à l'occasion de l'Africa CEO Forum leur premier baromètre dédié au secteur privé africain. Une étude qui souligne l'optimisme des dirigeants du secteur privé, qui comptent notamment sur les perspectives qu'offrira la future zone de libre-échange continentale.

Comment les patrons des entreprises africaines perçoivent les enjeux et les défis auxquels ils sont confrontés ? Une question à laquelle répond le premier baromètre dédié au secteur privé africain mené auprès de plus de 120 dirigeants d’entreprises, réalisé par le cabinet Deloitte, en partenariat avec Jeune Afrique Media Group, et présenté à l’occasion du Africa CEO Forum, à Kigali, par Brice Chasles, managing partner du cabinet de conseil.

L’objectif de cette étude est de mettre au jour les grandes préoccupations de ces chefs d’entreprises. Le baromètre s’est intéressé à l’ensemble des pays du continent et à des entreprises qui opèrent dans 16 secteurs différents, de la finance à l’agro-business en passant par le tourisme, le bâtiment, les énergies et les télécoms… Un tiers de ces entreprises réalise un chiffre d’affaires compris entre 10 et 50 millions d’euros, et plus de 40% d’entre elles ont un chiffre d’affaires supérieur à 100 millions d’euros.

Près des 2/3 des décideurs sondés prêts à investir

Selon l’étude, les chefs d’entreprises interrogés sont 73% à être très optimistes quant aux perspectives économiques pour cette année. Ceci est confirmé par le fait que près de 2/3 des décideurs souhaitent investir davantage et envisagent même d’étendre, à court terme, leurs activités à d’autres pays.

Dans ce contexte, 10 pays se révèlent particulièrement attractifs : la Côte d’Ivoire, le Rwanda, le Kenya, L’Éthiopie, l’Afrique du Sud, le Ghana, le Maroc, le Nigeria, le Sénégal et la Tunisie.

attractivité © Index d’attractivité des pays africains, selon l’étude de Deloitte, en partenariat avec Jeune Afrique Media Group.

Les patrons des entreprises africaines sont très optimistes par rapport à la création du marché unique africain. Pour 80 % des répondants, la future Zone de libre-échange continentale (Zlec) est un levier de croissance et ouvrira de nouvelles opportunités de développement : près de neuf dirigeants sur dix ont actualisé leur plan stratégique en prévision de ce nouveau gros marché.

Renforcer l’agilité et la capacité de mesurer les actions menées

Interrogés sur les principaux obstacles qui les empêchent de déployer et de concrétiser leur plan stratégique, les dirigeants africains citent en premier lieu le climat des affaires et l’instabilité politique (31 %), puis viennent la sécurisation des ressources humaines (17 %) et les contraintes financières (16 %).

Les solutions qu’ils mettent en avant concernent le renforcement de leur agilité, mais aussi l’amélioration de leur capacité à mesurer les effets de chaque action menée. La diversification, autant géographique qu’en matière de business models, constitue également une réponse stratégique à ces défis.

Quant aux risques, les dirigeants sont 31 % à mentionner les « risques financiers » et 27 % à pointer des « risques opérationnels ». Pour 16 % des dirigeants d’entreprises questionnés, les difficultés financières sont un frein à la réalisation de leur stratégie. Malgré de réels progrès, le manque de solutions de financement pour diversifier et exporter leurs biens et services handicape leur croissance.

Un code de gouvernance pour 67 % des entreprises ciblées

Dans 55 % des cas, les entreprises utilisent leurs fonds propres comme principale option de financement. L’emprunt bancaire n’est une solution que pour 24 % des dirigeants interrogés. D’où la conviction pour 43 % d’entre eux que le partenariat avec une entreprise étrangère ou un fonds d’investissement est une source crédible de financement et un opportunité de créer de la valeur.

L’étude fait aussi ressortir le fait que 67 % des entreprises ont mis en place un code de gouvernance permettant d’éviter les conflits d’intérêt et d’imposer des pratiques éthiques. En Afrique, et selon le baromètre, 61 % des entreprises ont d’ores et déjà des conseils d’administration composés d’au moins un ou plusieurs administrateurs indépendants. Il faut aussi souligner une volonté croissante de féminiser ces instances : 51 % des entreprises ont nommé des femmes au cours des douze derniers mois.

L’intégration des nouvelles technologies encore limitée

Enfin, la révolution technologique, qui bouleverse le paysage économique des entreprises africaines apparaît comme un élément central de leur stratégie pour l’année à venir et un levier de croissance considérable. La rapidité et l’agilité sont ainsi devenues des conditions préalables pour les entreprises, afin de s’adapter à l’écosystème externe et de rester compétitives. Toutefois, si 60 % des entreprises reconnaissent l’impact de cette révolution, le continent souffre d’une grande disparité dans l’intégration de ces nouvelles technologies.

Un peu plus de la moitié des entreprises interrogées a certes intégré des applications mobiles dans ses activités quotidiennes, mais moins de 10 % d’entre elles travaillent à des solutions liées à la blockchain ou à la robotique par exemple.

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