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Cet article est issu du dossier «Africa CEO Forum 2019 : enjeux et défis de l'intégration africaine»

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Économie

[Vidéo] « Construire des ponts, pas des murs » : retour sur la rencontre Tshisekedi-Kagame lors du Africa CEO Forum

Le président rwandais Paul Kagame et son homologue congolais Felix Tshisekedi à l'Africa CEO Forum, à Kigali le 26 mars 2019.

Le président rwandais Paul Kagame et son homologue congolais Felix Tshisekedi à l'Africa CEO Forum, à Kigali le 26 mars 2019. © François Grivelet pour Jeune Afrique

Après leur premier tête-à-tête à Addis-Abeba, le 17 janvier dernier, Paul Kagame et Félix Tshisekedi ont de nouveau échangé, lors d’une rencontre exceptionnelle à l’occasion du Africa CEO Forum. Retour sur les principales déclarations des deux présidents.

Les relations entre le Rwanda et la RDC, mais aussi les modèles de développement respectifs des deux pays, la question de la préservation des écosystèmes environnementaux et les enjeux miniers étaient au cœur de la rencontre entre les deux chefs d’État qui, malgré les relations bilatérales historiquement tendues entre leurs deux pays, se sont bien entendus lors de leur premier entretien, le 17 janvier dernier à Addis-Abeba, à l’occasion du dernier sommet de l’Union africaine.

Sécurité et intégration régionale

Cette fois encore, les deux hommes – qui ont gravi les marches les menant à la scène de l’Africa CEO Forum côte-à-côte, d’un même pas -, ont affiché une posture de compréhension mutuelle et une volonté commune d’avancer.

 Nos peuples sont déjà en avance sur nous

Ils ont d’abord abordé les problématiques sécuritaires, aux premiers rangs desquels les violences récurrentes qui frappent l’est de la RDC. « Les problèmes au Rwanda, dans de nombreux cas, deviennent des problèmes en RDC. Et l’inverse est aussi le cas. On ne peut pas résoudre ces problèmes seuls », a insisté Paul Kagame.

« Nos peuples sont déjà en avance sur nous, dans leur compréhension de l’intégration [africaine]. Ce sont les décideurs qui doivent comprendre désormais comment éliminer les conflits et faire fonctionner l’intégration régionale », déclaré le président rwandais, avant d’insister : « Nous avons assez de ressources pour régler nos propres problèmes. »


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« Nous devons vous croire », a-t-il lancé à Félix Tshisekedi, après avoir salué les prises de positions du président un congolais qui a promis de mettre terme à l’instabilité dans l’est de la RDC en s’attaquant aux milices qui y sévissent.

Notre ambition est de construire des ponts entre nous, pas des murs

« Nos pays resteront voisins pour toute la vie (…), se faire la guerre est donc une perte de temps », a répondu Félix Tshisekedi, qui, au fil du débat, s’est fait le chantre d’un règlement des conflits au niveau sous-régional. « Evidemment les conflits minent sérieusement le développement. Mais la résolution ne peut pas se faire d’Addis Abeba, siège de l’Union africaine. (…) Les sous-régions aujourd’hui ont acquis une influence importante en Afrique (…). Il faut accentuer leur rôle », a-t-il insisté.

Renforcer la coopération Rwanda-RDC

Interrogés sur la crispation des relations diplomatiques entre le Rwanda et l’Ouganda voisin, Paul Kagame a trouvé « regrettable » que « les choses que nous tentons soient  minées par de petites choses. » De son côté, Félix Tshisekedi a considéré qu’il s’agissait d’ « un mauvais moment à passer, difficile, mais nous n’irons pas jusqu’à une escalade de violences entre les deux pays ».

« La RDC est là pour apporter ses bons offices. Notre ambition est de construire des ponts entre nous, pas des murs », a ajouté le président congolais, qui a rencontré Yoweri Museveni, le président ougandais, lors de sa visite à Kampala le 22 mars.


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Les deux hommes – qui se retrouvent notamment « autour des questions économiques et sécuritaires », selon une source officielle rwandaise – s’efforcent notamment de renforcer la coopération amorcée en décembre 2018 – avant l’élection de Félix Tshisekedi à la présidence congolaise – par l’arrestation en RDC de deux cadres des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), suivie, un mois plus tard, par leur extradition vers le Rwanda.

Le 20 mars dernier, la compagnie nationale rwandaise a en outre signé à Kinshasa un accord pour l’ouverture dès le mois d’avril d’un liaison directe entre les deux capitales, tant pour les passagers que pour le fret. Une ligne qui n’existe pas encore à ce jour, malgré la proximité géographique des deux capitales.

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