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Cet article est issu du dossier «Africa CEO Forum 2019 : enjeux et défis de l'intégration africaine»

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Économie

Africa CEO Forum : le Maroc cherche à attirer les investisseurs africains

Le patron des patrons marocains, Salaheddine Mezouar, au micro. Africa CEO Forum, le 25 mars 2019. © El Mehdi Berrada

Si le Maroc est le premier investisseur africain en Afrique de l’Ouest, et le deuxième à l’échelle du continent, lui-même n’attire pas - ou peu - les capitaux africains. Une session a été organisée au CEO Forum pour mieux vendre la destination Maroc aux investisseurs du continent.

La prise de contrôle de Saham Finance par le sud-africain Sanlam a été l’un des rares gros investissements réalisés par un groupe africain au Maroc ces dernières années.

Pour essayer d’attirer davantage de capitaux en provenance du continent, l’Amdie (Agence marocaine de développement des investissements et des exportations) a profité de l’Africa CEO Forum, qui regroupe cette année plus de 700 chefs d’entreprises africains, pour exposer les avantages et les opportunités qu’offre le royaume chérifien.

Durant cette session, Mohcine Jazouli ministre délégué chargé de la Coopération africaine, auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a regretté que les échanges entre pays africains ne dépassent pas 15 % du total réalisé sur le continent, alors que ce taux dépasse les 75 % au sein de l’Union européenne. Selon cet officiel marocain, avec l’arrivée de la Zone de libre-échange continentale (Zlec), une nouvelle réalité va bouleverser la structure des échanges commerciaux et des investissements intra-africains et le Maroc y est déjà bien préparé, car les entreprises marocaines se sont bien exportées depuis quelques années.

Une politique incitative

Sanae Lahlou, conseillère pour les marchés africains au sein de l’Amdie, a détaillé les atouts du pays, notamment ses infrastructures permettant une bonne connectivité pour le commerce et les investissements intra-africains. Le royaume offre aussi la possibilité pour des investisseurs du continent d’attaquer les marchés européens, les États-Unis et d’autres nations grâce aux 55 accords de libre-échange qu’il a ratifiés avec divers partenaires.

Des incitations fiscales sont aussi mises en place pour rendre la destination Maroc plus compétitive, notamment une exonération fiscale pour les cinq premières années d’activité et d’un taux d’imposition sur les sociétés réduit à 8,75 % pour les vingt années suivantes.

Enfin, le Maroc a fait des efforts pour faciliter la circulation des capitaux : actuellement, un investisseur étranger peut détenir 100 % du capital d’une entreprise au Maroc et la possibilité de rapatrier l’ensemble de ses bénéfices, après autorisation des autorités marocaines. Des autorisations dont il pourra se passer si son entreprise est labellisée CFC (Casablanca Finance City).

Des infrastructures déterminantes

Sur les 200 sociétés pour lesquelles le statut CFC est d’ores et déjà reconnu, un tiers sont détenues par des Africains – dont une majortié de Marocains. « Les entreprises qui postulent à ce label doivent impérativement avoir une vocation africaine pour voir leur demande aboutir », précise Saïd Ibrahimi, directeur général de CFC.

Parmi ces entreprises, le fonds Africa50 de la BAD, dont le directeur général, Alain Ebobissé, est venu partager son expérience marocaine. Le Camerounais a rappelé que lors du lancement de ce fonds panafricain dédié aux infrastructures, il a reçu des propositions de plusieurs pays du continent. Si la proposition marocaine l’a emporté, a-t-il relaté, c’est grâce à son infrastructure : « Avec ses 1 800 km d’autoroutes, des ports et des aéroports, la vie des entreprises est facilitée », a estimé le patron du fonds détenu par 27 pays africains, qui espère voir un jour émerger des champions africains avec des capitaux venus de l’ensemble du continent.

Le top 30 du classement Doing Business en ligne de mire

De son côté, Salaheddine Mezouar, le président de la CGEM – l’organisation patronale marocaine -, a promis de prêter main-forte aux investisseurs désireux de s’installer au Maroc. « Le secteur privé marocain fera ce qu’il faut pour créer les bonnes conditions afin de créer des partenariats gagnant-gagnant », a-t-il assuré. La CGEM n’hésitera pas, selon son président, à exercer la pression nécessaire pour accélérer et activer les aménagements indispensables, que ça soit d’un point de vue fiscal, législatif ou même pour préparer les infrastructures manquantes.

En dix années, la place du Maroc dans le classement Doing business a progressé de plus de 50 places, pour atteindre 60e rang en 2018. Pour Saïd Ibrahimi, il faut faire davantage et viser plus haut. « Figurer dans le top 30 du classement rendra le royaume bien plus compétitif », ajoute-t-il.

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