Politique

Centrafrique : les groupes armés gagnent des portefeuilles dans le nouveau gouvernement

Faustin Archange Touadéra, signe l'accord de paix, le 6 février 2019 à Bangui. © Creative Commons / Minusca

Un nouveau gouvernement a été désigné vendredi par Faustin-Archange Touadéra, vendredi. Davantage de portefeuilles sont confiés aux groupes armés signataires de l'accord de Khartoum, mais aucun ministère régalien.

L’annonce au début du mois d’un nouveau gouvernement avait soulevé une vague de protestations de la part des groupes armés qui contrôlent une grande partie de la Centrafrique et réclamaient un cabinet « plus inclusif », avec davantage de ministères pour leurs représentants.

Quatre nouveaux représentants de groupes armés figurent ainsi dans le nouveau gouvernement arrêté vendredi par décret présidentiel, dont Abdoulaye Miskine, du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC), implanté dans le nord-ouest du pays, qui devient ministre de la Modernisation de l’administration et de l’innovation du service public.


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Le FDPC était le premier groupe armé à s’être retiré du gouvernement annoncé début mars à l’issue de l’accord de paix. Il avait ensuite bloqué plusieurs jours la route stratégique qui relie Bangui au Cameroun.

Deux des autres ministres appartiennent au Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC) et à l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), deux groupes issus de l’ex-coalition à majorité musulmane de la Séléka qui a pris Bangui en 2013, et qui disposaient déjà d’une représentation dans le précédent gouvernement.

Le quatrième ministre est issu des rangs du Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ), un petit groupe implanté dans le nord.

La grande majorité de l’équipe gouvernementale annoncée début mars, constituée de fidèles du président Touadéra, reste toutefois en place, notamment les ministres placés à la tête des portefeuilles régaliens.

« Malentendus aplanis »

Plus de la moitié des groupes armés qui s’étaient sentis exclus de la première version du gouvernement l’avaient désavoué, tout en ouvrant la porte à des négociations en affirmant ne pas se désolidariser de l’accord censé ramener la stabilité dans ce pays en guerre depuis 2013.

L’Union africaine avait alors convoqué à son siège d’Addis Abeba une réunion de suivi lundi entre les autorités et les quatorze groupes armés signataires de l’accord, pour tenter de le sauver.


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Au terme de cette réunion, les signataires de l’accord de paix se sont entendus sur un nouveau gouvernement inclusif, avait annoncé mercredi l’Union africaine.

« Les malentendus ont été aplanis, nous rentrons satisfaits des consultations », avait déclaré jeudi le Premier ministre Firmin Ngrebada.

En quête de stabilité

L’accord de Khartoum, signé le 6 février, soutenu par tous les partenaires de Bangui et préparé depuis 2017 par l’Union africaine, est le huitième signé depuis le début de la crise marquée par le renversement en mars 2013 du président François Bozizé.

Aucun des précédents accords n’a abouti à un retour de la stabilité, pas plus que la présence de la Minusca (Mission des Nations unies pour la stabilisation de la Centrafrique) déployée en 2014 et forte de 11 000 Casques bleus.

Riche en ressources naturelles, la Centrafrique est déchirée par la guerre depuis 2013. Près d’un quart de ses 4,5 millions d’habitants ont dû fuir leur domicile.

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