Justice

Guinée équatoriale : premier jour du procès du « coup d’état » présumé de 2017

Teodoro Obiang Nguema Mbasogo à Abuja, au Nigeria, le 29 mai 2015.

Teodoro Obiang Nguema Mbasogo à Abuja, au Nigeria, le 29 mai 2015. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Le procès de plus de 150 personnes, accusées d’être à l’origine du « coup d’état » que Malabo affirme avoir déjoué en décembre 2017, s’est ouvert vendredi au tribunal de Bata, la capitale économique de la Guinée équatoriale.

Les accusés sont poursuivis pour « trahison » et « atteinte à la personne du chef de l’Etat », des motifs passibles de la peine capitale, ainsi que pour « terrorisme » et « détention d’armes et de dépôt de munitions », passibles de vingt ans de prison. Le représentant du ministère public a requis ces peines dans son pré-réquisitoire vendredi.

Début janvier 2018, le régime équato-guinéen avait déclaré avoir déjoué un « coup d’Etat ».

Selon Malabo, un groupe de mercenaires étrangers avait voulu le 24 décembre 2017 attaquer le chef de l’Etat, Teodoro Obiang Nguema, qui se trouvait dans son palais de Koete Mongomo (à une cinquantaine de km du carrefour des trois frontières entre le Gabon, la Guinée et le Cameroun).

Vendredi, le tribunal a passé en revue le matériel qui devait être utilisé pour réaliser le coup d’Etat, selon le procureur. Vingt fusils et des téléphones satellitaires ont notamment été présentés au public, venu en nombre.

La séance a été suspendue vendredi après-midi et le procès doit reprendre lundi avec le début des auditions.

150 accusés

Le 27 décembre, une trentaine d’hommes armés avaient été arrêtés à la frontière entre le Cameroun et la Guinée équatoriale par la police camerounaise. Les autorités équato-guinéenne avaient par la suite procédé à de nombreuses interpellations dans le pays.

Sur les 150 personnes jugées lors de ce procès, seulement 79 sont présentes dans le box des accusés

Elles avaient également émis des mandats d’arrêt contre des équato-guinéens installés à l’extérieur des frontière et des étrangers accusés d’être à l’origine de cette tentative de coup d’état.

Sur les 150 personnes jugées lors de ce procès, seulement 79 sont présentes dans le box des accusés. Parmi eux, on compte 24 étrangers – Tchadiens et Centrafricains.

Tous doivent être entendus lors de ce procès, qui doit durer trois semaines.

Les absents du procès

Les avocats des 79 personnes présentes ont demandé vendredi « leur libération immédiate », estimant qu’il n’y avait pas de « preuve » de leur culpabilité, et relevant des « irrégularités » et des « incohérences » dans la procédure.

Sur le banc des accusés, d’anciennes figures du régime du président Teodoro Obiang Nguema étaient présentes vendredi, dont l’ex-ambassadeur de Guinée équatoriale au Tchad, Henri Nsue Anguesomo, ainsi que l’ex-directeur de la sécurité du président, Julian Ondo Nkumu.

Parmi les absents on note la trentaine de « mercenaires » présumés arrêtés au Cameroun fin décembre 2017 et qui n’ont pas été extradés par la justice camerounaise.


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On compte également l’opposant équato-guinéen en exil en Grande-Bretagne Salomon Abeso Ndong ou encore le Français Dominique Calace de Ferluc, considéré par le ministère public comme l’un des personnages-clés de la tentative de coup d’Etat.

Cinq Français sont d’ailleurs poursuivis dans le cadre de cette affaire, mais aucun n’est présent dans le box des accusés.

L’avocat William Bourdon également poursuivi

En janvier, la Guinée équatoriale avait aussi lancé un mandat d’arrêt contre deux autres Français, William Bourdon et Daniel Lebègue, accusés de « blanchiment de capitaux et financement du terrorisme », dans le cadre de la présumée tentative de coup d’Etat. Ils ne font cependant pas partie des personnes jugées lors de ce procès.

William Bourdon est connu pour être la figure de proue des poursuites contre plusieurs responsables africains pour « biens mal acquis », des biens achetés en France avec des fonds supposés publics.

Daniel Lebègue, est l’ex-président de l’ONG anti-corruption Transparency International.

Le 27 octobre 2017, Teodorin Obiang, vice-président et fils du président équato-guinéen, avait été condamné à Paris à trois ans de prison avec sursis et à 30 millions d’euros d’amende avec sursis pour « biens mal acquis ». Un jugement qui avait tendu les relations entre les deux pays.

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