Politique

Sahara occidental : jamais deux sans trois pour les pourparlers de Genève

L'envoyé spécial des Nations unies pour le Sahara occidental, Horst Köhler, arrivant à Genève le 5 décembre 2018.

L'envoyé spécial des Nations unies pour le Sahara occidental, Horst Köhler, arrivant à Genève le 5 décembre 2018. © Martial Trezzini/AP/SIPA

Après Genève II, viendra Genève III... C'est la conclusion des pourparlers tenus jeudi et vendredi sous l'égide de l'ONU au sujet de la question du Sahara. Une rencontre durant laquelle quelques avancées ont tout de même pu être enregistrées.

« Une atmosphère de respect mutuel », « un engagement courtois et ouvert »… C’est ainsi que Horst Köhler, l’envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies, a dépeint l’ambiance du deuxième round de pourparlers sur le Sahara, qui viennent de s’achever ce vendredi 22 mars en Suisse.

Pendant deux jours, la délégation marocaine, conduite par le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita, s’est retrouvée avec les représentants du Front Polisario et les chefs des diplomaties mauritanienne et algérienne. Ramtame Lamamra, fraîchement nommé vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères en Algérie, a été d’ailleurs le seul personnage nouveau autour de la table de ces négociations officieuses, puisque les mêmes personnages s’étaient déjà retrouvés en décembre dernier.


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Le communiqué de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU n’a d’ailleurs pas manqué de souligner que « les délégations se sont félicitées du nouvel élan créé par la première table ronde », et continuent de « s’engager dans le processus de manière sérieuse et respectueuse », tout en insistant sur « la nécessité de renforcer la confiance ». Les parties ont convenu d’un nouveau round de négociations « sous le même format », conclut-il.

Avancées sur les parties prenantes

La participation de l’Algérie, en tant que partie prenante, devient ainsi une question dépassée. Malgré le contexte interne du pays, le numéro 2 du régime a d’ailleurs fait le déplacement, ce qui reflète l’importance de ce dossier aux yeux d’Alger. C’est d’ailleurs une des principales différences entre les pourparlers de Genève et les négociations de Manhasset (tenues entre 2007 et 2008), auxquelles le même Lamamra conduisait la délégation algérienne en tant qu’observateur.

Pour la diplomatie marocaine, ce n’est pas là le seul progrès de ces pourparlers. « La composition même de la délégation marocaine incluant des élus des provinces du sud faisait grince les dents, nous confie une source diplomatique. Aujourd’hui, les autres parties prenantes ont compris que le Polisario n’est pas le seul représentant des Sahraouis. »

Il faut désacraliser l’autodétermination, qui ne peut pas passer que par des négociations pour une autonomie avancée

Fait nouveau dans le communiqué ayant sanctionné Genève II, l’apparition du terme « auto-détermination ». Mais pour la diplomatie chérifienne, celle-ci ne signifie pas forcément référendum pour une indépendance, comme pourrait l’entendre l’Algérie ou le Polisario.

« Il faut désacraliser l’autodétermination, qui ne peut pas passer que par des négociations pour une autonomie avancée », explique un membre de la délégation marocaine. D’ailleurs, même le communiqué parle de « solution politique, acceptable pour les deux parties, réaliste, praticable, durable, basée sur un compromis juste, durable et qui permettre à la population du Sahara de disposer de son autodétermination ». Et pour la traduire, les futures discussions, dont la date n’est pas encore annoncée, devraient identifier « les éléments de convergence », précise le communiqué.

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