BTP & Infrastructures

Madagascar : le nouveau terminal de l’aéroport d’Antanarivo-Ivato « achevé à 90 % »

Terminal actuel de l'aéroport d'Antananarivo-Ivato. © JialiangGao www.peace-on-earth.org, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

Ravinala Airports, qui a obtenu en 2016 la concession de l’aéroport d’Antananarivo-Ivato pour vingt-huit ans, prévoit des retombées de 400 millions d’euros pour l’État malgache.

Ravinala Airports, le consortium formé par Meridiam (45 %), Aéroports de Paris (35 %), Bouygues (10 %) et Colas (10 %), a ouvert cette semaine à la presse le chantier du nouveau terminal de l’aéroport d’Antananarivo-Ivato, dans lequel il a investi 220 millions d’euros et dont les travaux sont à « 90 % achevés », la livraison étant prévue pour janvier 2020.

Dans le nouveau bâtiment de 17 500 mètres carrés, situé à quelques centaines de mètres de l’actuel terminal international – qui sera rénové avant de servir aux vols domestiques -, les équipes débutent déjà les longs mois de tests et de formations.

Dans le nouveau hall d’accueil, 14 comptoirs de check-in s’alignent sur 170 mètres, face à deux futures banques, et un restaurant. Les bagages passeront à travers un scanner 3D capable de traiter 80 % des images sans intervention humaine. « C’est le système le plus moderne du monde, avec un rythme de 1 500 bagages par heure », se félicite Philippe Gesret, directeur du projet pour CMBI (groupement entre Colas et Bouygues).

1,5 à 1,8 million de passagers par an

À l’étage, la longue baie vitrée des salons d’embarquement donne sur trois passerelles – contre aucune dans l’actuel terminal – capables d’accueillir jusqu’à six porteurs, et sur le tarmac flambant neuf où des avions testent déjà la piste. En outre, l’aéroport épurera lui-même ses eaux usées.

La nouvelle structure, dont le chantier a été financé par un groupement comprenant la Banque mondiale (via IFC), l’AFD (via Proparco), la banque de l’Opep, ainsi que la Development Bank of Southern Africa et l’Emerging Africa Infrastructure Fund, doit accueillir 1,5 à 1,8 million de passagers par an.

« Je crois que les opérateurs touristiques sont ravis : les deux portes d’entrée de Madagascar, l’île touristique de Nosy Be et Ivato, se mettent au niveau international », se réjouit Vincent Desobry, PDG fondateur du tour opérateur Océane Aventures depuis 1993. L’aéroport de Nosy Be est lui aussi géré par Ravinala Airports, qui a signé en 2015 un contrat avec l’État malgache pour prendre en charge les deux aéroports à compter de 2016, la propriété des bâtiments restant publique.

Le coût de la destination renchéri par celui du kérosène

Le consortium, qui exploite la concession pour une durée de vingt-huit ans, estime que le chantier du nouveau terminal a permis la création de 1 000 emplois locaux directs ou indirects, et précise que l’État touchera au minimum 3 millions d’euros de redevances par an, quelles que soient les performances, puis 5 millions en moyenne si le business plan est respecté. Sans compter les taxes foncières, TVA, impôts… Au total, Ravinala prévoit de « faire gagner » à l’État plus de 400 millions d’euros sur sa période de concession.

Ravinala Airports compte quant à lui comme principale ressource la RDIA (redevance de développement des infrastructures aéroportuaires), qui est de 38 euros par passager. Fixe jusqu’à fin 2019, elle sera ensuite indexée sur l’inflation en zone euro.

« Le prix du kérosène est aussi très important pour la compétitivité de la destination. Or, aujourd’hui, Total est le seul opérateur et nous avons, par exemple, des prix 51 % plus chers à Madagascar qu’à Maurice et 53 % plus chers qu’à Johannesburg sur les vols internationaux »,  précise Patrick Collard, directeur général de Ravinala Airports.

Négociations exclusives avec Sofitrans pour le catering

Autre dossier chaud du secteur aéroportuaire à Madagascar, celui des duty free. Sauf retournement de situation, le marché échappera à l’ancien opérateur, Sofitrans, filiale de Air Madagascar. L’affaire a fait polémique fin 2018 dans la presse malgache, Ravinala Airports y étant accusé « d’expulser » Sofitrans pour faire le « maximum de bénéfices ».

« Leur offre était tout simplement trop loin de notre business plan par rapport à celles des autres, se défend Patrick Collard. Et nous avions, en plus, pris le temps de discuter avec eux pendant huit mois, sans qu’ils ne parviennent à se mettre au niveau ». Le nom du futur prestataire devrait être dévoilé d’ici le mois de juin.

Sofitrans devrait néanmoins conserver les activités de restauration et de catering, sur lesquelles Ravinala est en « négociations exclusives » avec eux.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Fermer

Je me connecte