Politique

RDC : la coalition Lamuka évalue son avenir politique sur fond de divergences

De gauche à droite : Martin Fayulu, Adolphe Muzito et Jean-Pierre Bemba. © Vincent Fournier pour JA / Gwenn Dubourthoumieu/ Colin Delfosse pour JA

Les leaders de la coalition électorale Lamuka - Martin Fayulu, Jean-Pierre Bemba, Antipas Mbusa Nyamwisi, Freddy Matungulu et Adolphe Muzito - ont lancé le 21 mars à Bruxelles, sans Moïse Katumbi, les travaux sur l'avenir politique de leur coalition. Ils se réuniront le lendemain pour définir la stratégie à adopter.

Ils ne s’étaient pas réunis depuis le très temporaire accord de Genève, conclu mi-novembre et dissous 24 heures après, ayant permis la désignation du candidat commun de l’opposition, Martin Fayulu, pour faire face à Emmanuel Ramazani Shadary à la présidentielle de décembre 2018.

C’est dans un hôtel en plein cœur de Bruxelles que Martin Fayulu, Jean-Pierre Bemba, Antipas Mbusa Nyamwisi, Freddy Matungulu et Adolphe Muzito se sont réunis le 21 mars avec leurs experts respectifs. Objectif : discuter de l’avenir politique de la coalition Lamuka (« réveille-toi », en lingala), qui avait pour but de soutenir le candidat commun de l’opposition. Moïse Katumbi, qui se fait représenter par son conseiller politique Salomon Idi Della Kalonda, serait à Londres où il assisterait à la remise de diplôme de son fils, selon ses proches, qui confirment néanmoins sa présence à la « grande réunion », dont la date n’a pas été fixée.

Est également présente à ces travaux préparatoires qui doivent durer deux jours : l’ONG sud-africaine In transformation initiative (ITI), dirigée par d’anciens négociateurs de la fin de l’apartheid et qui avait réuni ces opposants en octobre 2018 à Johannesburg pour définir le candidat commun.


>>> À LIRE – RDC : comment l’opposition a sabordé l’accord de Genève pour un candidat commun


Vers un regroupement politique avec une présidence tournante ?

L’objet principal de ces travaux est l’évaluation du processus électoral dans son ensemble, les conséquences de l’élection d’un « président de fait », et la question de la vérité des urnes, précisent certains leaders à Jeune Afrique. Ceux-ci vont également analyser l’ensemble de la situation politique et les enjeux actuels. S’en suivra le 22 mars une réunion réservée aux seuls leaders de la coalition pour définir la stratégie et les orientations à suivre, à laquelle Katumbi pourrait être présent.

Aujourd’hui structure électorale, la coalition Lamuka pourrait se transformer en un regroupement politique avec une présidence en rotation, confie une source à Jeune Afrique.

Si Martin Fayulu, candidat soutenu par la coalition malgré la dissidence de Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe qui s’étaient retirés de l’accord, continue de revendiquer la victoire à l’élection présidentielle et poursuit avec Adolphe Muzito le combat pour faire connaître « la vérité des urnes », la plateforme Ensemble de Moïse Katumbi, a pris acte du départ de Joseph Kabila et reconnu Félix Tshisekedi comme président de la République. Et ce, malgré « les irrégularités constatées dans le processus électoral ».

S’il a bien « pris acte » du départ de Kabila, le parti de Freddy Matungulu adopte pour sa part une posture intermédiaire, en ayant fait le choix de ne pas reconnaître formellement la victoire de Tshisekedi.

Jean-Pierre Bemba et son parti restent, eux, très critiques vis-à-vis de Félix Tshisekedi et sont presque les seuls, avec Adolphe Muzito, à soutenir les actions de Martin Fayulu sur le terrain.

Alliance Tshisekedi-Kabila

Plusieurs leaders de la coalition Lamuka ont confié à Jeune Afrique vouloir travailler avec Félix Tshisekedi. Leur seule inquiétude, estiment-ils, est l’alliance entre Tshisekedi et Kabila pour une coalition gouvernementale. « Tant que Joseph Kabila sera avec Félix Tshisekedi, les choses ne changeront pas », confie un des leaders sous couvert d’anonymat.

Félix Tshisekedi dit être ouvert pour composer avec tous les leaders de Lamuka, ses ex-partenaires dans l’opposition. Il a ainsi dépêché une délégation à Bruxelles, échangé avec Antipas Mbusa Nyamwisi, proposé de tendre la main à Martin Fayulu et Moïse Katumbi a également récupéré son passeport biométrique congolais sur une demande de Félix Tshisekedi.

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