Politique

Tunisie : quel avenir pour l’UPL après sa désunion avec Nidaa Tounes ?

Hafedh Caïd Essebsi (droite) avec Slim Riahi, dont le parti, l’UPL, avait été absorbé par Nidaa Tounes. © Hichem

L'Union patriotique libre (UPL) a annoncé mardi la fin de sa fusion avec Nidaa Tounes. Les membres du bureau politique souhaitent reprendre leurs activités antérieures et reformer un parti indépendant, aussi bien à l’Assemblée qu’au niveau de ses coordinations régionales et locales. Les déçus sont toutefois nombreux et ce rétropédalage incertain.

L’Union patriotique libre (UPL) souhaite renaître de ses cendres et revenir à la case départ, après l’annulation de sa fusion avec Nidaa Tounes annoncée ce mardi 19 mars. L’alliance, conclue en octobre 2018, avait battu de l’aile à peine quelques mois plus tard. En janvier dernier, plusieurs anciens députés de l’UPL avaient d’ailleurs quitté le bloc parlementaire de Nidaa, faisant état d’un manque de coordination avec les antennes régionales et locales.


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Contacté par Jeune Afrique, le député démissionnaire – devenu indépendant après cette fusion – Tarek Ftiti assure ne pas être concerné par la résurrection du parti, malgré des approches récentes de ses anciens camarades. « Je ne suis pas intéressé, car je ne me retrouverai pas dans l’UPL. À mon avis, depuis qu’elle a fusionné avec Nidaa, l’UPL est finie, insiste-t-il. À Kairouan, où j’ai été élu, beaucoup de gens se moquent de ces revirements. »

L’énigme Slim Riahi

L’ex-coordinateur régional adjoint de cette ville située au sud-ouest de Tunis, Nizar Gartar, a vu les activités de son bureau de fait mises en suspens après la fusion, et admet que seule une minorité de ses membres avaient accepté la manœuvre. Aujourd’hui, celui qui se considère comme le « fils de l’UPL » encourage pourtant sa réactivation. Même s’il reconnaît que « sur le terrain, beaucoup manquent de confiance et qu’il est peut-être trop tard ».

On veut des garanties, comme le retour de Slim Riahi, ou sinon qu’une autre personnalité compétente préside le parti

Une question reste au cœur des débats : le fondateur de l’UPL, Slim Riahi, reviendra-t-il de l’étranger où il s’est absenté depuis des mois ? Un séjour qui prend des allures d’exil après plusieurs démêlés avec la justice. « On veut des garanties, comme le retour de Slim Riahi, ou sinon qu’une autre personnalité compétente préside le parti », réclame-t-il. Contacté par téléphone, le concerné n’était pas joignable.

Résurrection du bloc parlementaire UPL

Le député Youssef Jouini, ex-UPL également, n’a quant à lui jamais intégré le Nidaa Tounes élargi. Devenu indépendant au moment de la fusion, il regrette que les élus comme les militants de l’UPL aient été « écartés et non pas intégrés » durant ce processus. Approché également par l’équipe qui souhaite faire revivre la formation, il assure avoir décliné et met en cause la légitimité de l’ancien bureau politique et sa capacité à prendre des décisions, en l’absence d’existence légale.


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Il tente désormais de former un bloc à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), avec les anciens élus de l’UPL, assurant que cinq confrères l’ont rejoint dans ce projet : Tarek Ftiti, Dora Yacoubi, Mahmoud Kahri, Ridha Zghondi et Ali Belakhoua. Il ne leur manquerait plus qu’un député pour pouvoir former un groupe parlementaire. Et pourquoi pas, à terme, siphonner les sièges de ceux qui avaient, un temps, accepté la fusion. Les tractations ont déjà débuté.

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