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Bras de fer pour l’or noir

Alors que l'État vient de récupérer une partie de ses droits sur le domaine offshore, une société américaine annonce la découverte des plus importantes réserves d'hydrocarbures de l'Afrique de l'Ouest...

Y a-t-il du pétrole au large des côtes guinéennes ? L’information a été diffusée à la fin de novembre par la société américaine Hyperdynamics, qui a déclaré pouvoir fournir les preuves de l’existence de réserves d’hydrocarbures dans l’offshore guinéen. Des réserves qui pourraient, après confirmation des données sismiques, constituer les plus importantes de toute la côte d’Afrique de l’Ouest, a conclu Hyperdynamics.
Les débuts de la recherche pétrolière au large de la Guinée remontent au milieu des années 1970. Quatre sociétés procédèrent alors à une série de forages sur le plateau continental. En vain. Toutes quatre finirent par rendre leur permis et plier bagage. On imagine donc que la nouvelle diffusée par Hyperdynamics a dû susciter une certaine émotion parmi les membres du gouvernement. D’autant que les autorités sont en conflit larvé avec les dirigeants de Hyperdynamics depuis 2005. Le contentieux porte sur la superficie de la zone maritime où ont été menées les recherches, et où Hyperdynamics soutient avoir investi quelque 50 millions de dollars dans l’espoir de découvrir de l’or noir entre 2002 et 2005. Unique société à faire des recherches au large de Conakry, le pétrolier a prospecté pendant trois ans sur une zone estimée à 80 000 km2. C’est la plus grande superficie de recherche jamais concédée par les autorités guinéennes : elle représente la totalité de l’offshore du pays !
En fait, les autorités de tutelle dénoncent le rachat par Hyperdynamics de la société US Oil. Cette dernière détenait en effet une convention de recherche portant sur 80 000 km2 du plateau continental. En procédant à cette acquisition en 2002, Hyperdynamics a donc considéré détenir l’exclusivité sur l’offshore guinéen. Mais « le rachat d’une société ne se traduit pas forcément par la reprise de sa convention », s’insurge le ministre des Mines et de la Géologie, Ahmed Kanté.
Alors que le cabinet présidentiel a longtemps eu tendance à intervenir dans les négociations des plus gros contrats miniers, le ministère des Mines a voulu profiter du fait qu’il a retrouvé une certaine marge de manuvre pour procéder à de nouvelles négociations. Et récupérer la plus grande partie possible de l’offshore guinéen. Déterminé à obtenir gain de cause, l’État guinéen a donc exigé dès 2005 la rétrocession de la zone. En deux ans, plusieurs demandes ont été formulées par les autorités auprès du siège texan de la compagnie, qui a finalement dû céder. Le 22 septembre 2006, l’Assemblée nationale a ainsi ratifié la rétrocession de 64 % des 80 000 km2 dont jouissait jusqu’alors Hyperdynamics. Un nouveau contrat a alors été signé avec les autorités. Et la direction de Hyperdynamics entend bien poursuivre sa mission de prospection, en se concentrant sur la zone qui lui reste. La compagnie ambitionne d’extraire son premier baril en 2008. Et projette, dans un premier temps, d’effectuer quatre forages pour un investissement de 120 millions de dollars.

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