Politique

Guinée-Bissau : après les législatives, le PAIGC et ses alliés forment une majorité

Domingos Simões Pereira, le président du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC).

Domingos Simões Pereira, le président du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC). © SYLVAIN CHERKAOUI POUR JA

Le PAIGC, parti victorieux lors des élections législatives du 10 mars en Guinée-Bissau, a signé lundi un accord avec trois formations. Une alliance qui lui garantit une majorité pour former le prochain gouvernement, selon des sources politiques.

Après avoir obtenu une majorité relative avec 47 sièges sur 102, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) a officialisé plusieurs alliances. Les dirigeants du PAIGC et de trois autres formations totalisant sept sièges – dont cinq pour l’APU-PDGB (Alliance populaire unifiée-Parti démocratique de Guinée-Bissau) de Nuno Gomes Nabiam – ont signé lundi 18 mars un accord de deux pages.

Ce dernier garantit au PAIGC une majorité pendant les quatre ans de la législature, ainsi que la formation d’un gouvernement « inclusif » sans précision sur une éventuelle participation des formations non signataires. Il évoque également un consensus sur la nécessité de réformes politiques et institutionnelles, notamment de la Constitution, de la loi sur les partis politiques, ainsi que la réforme des services de sécurité et de l’administration publique.

Jomav « prêt à travailler » avec DSP

La Commission nationale des élections (CNE) a rejeté la semaine dernière toute contestation des conclusions du scrutin. Les résultats des législatives du 10 mars doivent être validés dans les prochains jours par la Cour suprême.


>>> À LIRE – Législatives en Guinée-Bissau : vers la revanche de Domingos Simões Pereira sur José Mário Vaz ?


Le président José Mario Vaz, dit Jomav, a déjà félicité le PAIGC. Dans une lettre datée de vendredi adressée au chef du parti, Domingos Simões Pereira, alias DSP, le chef de l’État s’est dit « prêt à travailler avec toutes les forces vives de la nation ». Cette missive n’a toutefois pas du être agréable à rédiger : en août 2015, le limogeage par José Mário Vaz de Domingos Simões Pereira, à l’époque Premier ministre, avait plongé la Guinée-Bissau dans une grave crise institutionnelle, sur fonds de mésentente entre les deux hommes.

« Il n’y a ni vainqueur, ni vaincu. Ce qui est important, c’est de travailler pour sortir notre pays de la crise qu’il traverse depuis plusieurs années », a déclaré le représentant de l’APU-PDGB, Mama Saliù Lamba.

« Le peuple a fait un choix »

Selon le chef du PAIGC, « le peuple a fait un choix et nous a confié une mission ». DSP s’est félicité que « la signature de cet accord crée les conditions pour une majorité au Parlement ». Les signataires se sont ensuite réunis avec les représentants de la communauté internationale, auxquels ils ont présenté la nouvelle majorité.

L’ONU a appelé la semaine dernière « les nouveaux représentants élus à faire passer les intérêts de la Guinée-Bissau avant toute autre considération personnelle ». Les élections de 2014, remportées par le PAIGC (57 sièges), avaient abouti à la formation d’un gouvernement incluant tous les partis représentés à l’Assemblée nationale.

Si ce scénario ne se répète pas, la majorité se retrouvera face à un bloc d’opposition de 48 députés. Le Madem-G15, formé par 15 députés frondeurs du PAIGC, qu’ils ont amputé de sa majorité dans l’Assemblée sortante, en compte à présent 27, auxquels s’ajouteront les 21 élus du Parti pour la rénovation sociale (PRS), réputé proche d’une partie de la hiérarchie militaire.

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