Politique

Sénatoriales en RDC : le FCC met en garde l’UDPS avant la réunion interinstitutionnelle

Le président congolais Félix Tshisekedi, à gauche, et le président sortant Joseph Kabila côte à côte lors de la cérémonie d'inauguration à Kinshasa, en République démocratique du Congo, le jeudi 24 janvier 2019.

Le président congolais Félix Tshisekedi, à gauche, et le président sortant Joseph Kabila côte à côte lors de la cérémonie d'inauguration à Kinshasa, en République démocratique du Congo, le jeudi 24 janvier 2019. © Jerome Delay/AP/SIPA

À la suite des manifestations contre les résultats des sénatoriales donnant le FCC de Joseph Kabila vainqueur, le président Félix Tshisekedi a décidé de convoquer le 18 mars une réunion interinstitutionnelle, qui devrait déboucher sur d'importantes mesures. La coalition de Kabila a rappelé la veille que le « cycle électoral est âprement négocié ».

« Le cycle électoral en cours est âprement négocié » et « mis en péril », a souligné dans la soirée du 17 mars le Front commun pour le Congo (FCC), la coalition dirigée par Joseph Kabila, à l’égard du parti politique de Félix Tshisekedi, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Une mise en garde adressée après les déclarations de Vital Kamerhe, le directeur de cabinet du président, qui a annoncé la tenue d’« une importante » réunion interinstitutionnelle le 18 mars, à la suite des manifestations enregistrées dans le pays contre les résultats des élections sénatoriales. Des annonces importantes devraient être formulées, a précisé Vital Kamerhe. Le président de la République « veut frapper fort », a indiqué à Jeune Afrique sous couvert d’anonymat une source proche de la présidence.

Plusieurs manifestations ont éclaté en RDC après la publication des résultats des sénatoriales, qui ont donné le FCC de Joseph Kabila largement vainqueur du scrutin. La coalition a remporté au moins 80 sièges, alors que tous les autres partis réunis – l’UDPS de Félix Tshisekedi, l’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe, le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba et la plateforme de Moïse Katumbi – n’ont recueilli qu’une vingtaine de sièges.


>>> À LIRE – Sénatoriales en RDC : le FCC remporte une majorité de sièges, et les moyens de poursuivre Tshisekedi


Tshisekedi « déçu »

Sous la pression de leur base, les autorités de l’UDPS ont exigé l’annulation des résultats des élections sénatoriales. Félix Tshisekedi, lui, se dit trahi par les députés provinciaux de son parti.

« Je suis plus que déçu par le comportement de ceux des nôtres qui ont cédé à la tentation alors que le peuple leur a fait confiance », a déclaré Félix Tshisekedi dimanche, alors qu’il échangeait avec un groupe de la diaspora congolaise.

De son côté, la plateforme de Joseph Kabila refuse que soit annulé un quelconque scrutin indirect (celui des sénateurs ou des gouverneurs et vice-gouverneurs), tant que les opérations électorales prévues dans le calendrier électoral de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) n’auront pas été achevées.

Plaintes déposées

Parmi les mesures qui seraient en discussion, l’ouverture d’enquêtes sur les allégations de corruption contre les députés provinciaux, retarder les élections des gouverneurs prévues à la fin du mois, suspendre l’installation du Sénat en attendant les enquêtes de la justice, ainsi que la radiation des députés provinciaux au niveau de leur parti politique respectif (UDPS-UNC). Des mesures qui devraient être prises dans le strict respect de la Constitution et des prérogatives du chef de l’État.

Le secrétaire général de l’UDPS, Jean-Marc Kabund, a déjà prévenu que son parti traduirait cette semaine en justice plusieurs députés provinciaux et engagerait la radiation de certains députés provinciaux. Le porte-parole de l’ancien majorité présidentielle, André-Alain Atundu, a déjà déposé une plainte contre quatre députés provinciaux dans la province de la Mongala pour des faits de corruption.

Cette élection a été entachée par de nombreuses allégations de corruption, poussant au retrait de plusieurs candidats. Avant la tenue du scrutin, des personnalités de toutes les tendances politiques avaient dénoncé un monnayage des voix par des élus provinciaux, qui exigeraient des sommes allant de 20 000 dollars à 50 000 dollars (de 18 000 euros à 44 000 euros) par député provincial.

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