Environnement

Cyclone Idai : Beira, deuxième ville du Mozambique, « endommagée ou détruite à 90 % »

Une rue de Beira, le 17 mars 2019, au lendemain du passage du cyclone Idai. © ADRIEN BARBIER/AFP

Le cyclone Idai, qui a balayé en fin de semaine le Mozambique et le Zimbabwe, emportant routes, ponts, hôpitaux, écoles et au moins un barrage, a fait au moins 162 morts. La ville de Beira, la deuxième ville mozambicaine, est détruite ou endommagée à 90%, selon la Croix-Rouge.

Le bilan encore provisoire du cyclone Idai s’annonce extrêmement lourd. « L’étendue des dégâts causés par le cyclone qui a frappé la ville mozambicaine de Beira est énorme et terrifiant », a estimé la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) dans un communiqué lundi 18 mars. « 90% de Beira et de ses alentours ont été endommagés ou détruits », poursuit le texte.

Idai s’est abattu sur le centre du Mozambique jeudi soir, avant de poursuivre sa course au Zimbabwe voisin, emportant routes, école, maisons et même barrage. « La situation est terrible », a prévenu Jamie LeSueur du FICR. « Les moyens de communication ont été totalement coupés et les routes sont détruites. Des communautés sont inaccessibles », a-t-il ajouté depuis Beira, ville de quelque 530 000 habitants.

162 morts, crainte sur les barrages

Selon un dernier bilan provisoire compilé à partir de sources officielles, 73 personnes ont été tuées au Mozambique, dont 55 dans la seule ville portuaire de Beira (centre), et 89 au Zimbabwe, où les secours peinent à arriver dans certaines régions inondées.

Au Zimbabwe, « 89 personnes ont été tuées, 86 dans la région des Eastern Highlands, deux à Masvingo et une dans le Mashonaland (est du Zimbabwe) », a déclaré lundi le porte-parole du gouvernement, Nick Mangwana.

Au Mozambique, « plusieurs barrages ont lâché ou atteint leur niveau maximum », a mis en garde Emma Beaty de l’organisation non-gouvernementale Oxfam. Le président mozambicain Filipe Nyusi, en visite dans la région, a jugé « la situation critique ».

« Notre nation est endeuillée »

Au Zimbabwe, le pays n’a jamais connu de « destructions d’infrastructures d’une telle ampleur », a estimé pour sa part le ministre des Transports Joel Biggie Matiza. Les secours se concentraient lundi sur la ville de Chimanimani, dans l’est, où une école a été partiellement détruite par un glissement de terrain qui a fait au moins trois morts.

« Les enseignants et le personnel administratif de l’école font tous les efforts pour s’assurer que les enfants rentrent sains et saufs » chez eux, a témoigné un parent interviewé lundi par la chaîne publique de télévision ZBC. « Mais la situation empire », a-t-il ajouté, alors que les pluies continuaient de s’abattre dans cette région frontalière du Mozambique, où de nombreux ponts ont été emportés par les eaux déchaînées.

Devant l’ampleur des dégâts, le président Emmerson Mnangagwa est rentré lundi précipitamment d’un voyage aux Emirats arabes unis. « Notre nation est profondément endeuillée », a-t-il déclaré. « On me dit que ce n’est pas fini. L’armée fait tout ce qui est en son pouvoir pour atteindre les familles touchées », a-t-il assuré.

L’association médicale du Zimbabwe (Zima) a elle lancé un appel aux volontaires pour venir en aide aux sinistrés et appelé aux dons de nourriture, d’eau, de gaz, de vêtements, de couvertures ou encore de tentes.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte