Transport aérien

Crash du vol Ethiopian Airlines : des « similitudes claires » avec le crash de Lion Air en Indonésie

Un homme porte un débris d'avion sur le site du crash du Boeing 787 d'Ethiopian Airlines, près de Bishoftu, à 60 km d'Addis-Abeba, le 10 mars 2019.

Un homme porte un débris d'avion sur le site du crash du Boeing 787 d'Ethiopian Airlines, près de Bishoftu, à 60 km d'Addis-Abeba, le 10 mars 2019. © Michael TEWELDE/AFP

Les accidents des deux Boeing 737 max 8, qui ont fait plusieurs centaines de morts en Éthiopie le 10 mars et en Indonésie en octobre, montrent des « similitudes claires », selon leurs boîtes noires. Boeing a annoncé la correction très prochaine d’un logiciel de stabilisation de ses appareils.

Journée de deuil en Éthiopie dimanche 17 mars. Lors d’une cérémonie dans la cathédrale d’Addis-Abeba, des centaines de personnes ont rendu hommage aux victimes éthiopiennes du crash qui a fait 157 morts. Dix-sept cercueils recouverts du drapeau éthiopien ont été transportés à travers les rues de la capitale dans des voitures noires.

L’accident du vol d’Ethiopian Airlines est le second crash en moins de cinq mois pour le Boeing 737 max 8, après celui de l’appareil de Lion Air, abîmé en mer de Java en tuant 189 personnes. Conséquence : le Boeing 737 max est désormais cloué au sol dans le monde entier.

« Similitudes claires »

« Lors de l’enquête sur l’enregistreur des paramètres, des similitudes claires ont été notées entre le vol 302 d’Ethiopian Airlines et le vol 610 de Lion Air », a déclaré la ministre éthiopienne des Transports, Dagmawit Moges, au cours d’une conférence de presse. Ces parallèles doivent « faire l’objet d’une étude plus approfondie ».

La ministre n’a pas précisé quelles étaient ces similitudes. Elle a en revanche indiqué que le rapport préliminaire sur les causes du crash serait publié dans trente jours.

Les boîtes noires retrouvées sur le lieu du crash avaient été envoyées en France pour analyse. Dimanche, le Bureau français d’enquêtes et d’analyses (BEA) a annoncé que « les données contenues (dans les boîtes noires) avaient été téléchargées avec succès » et « remises à l’équipe d’enquête éthiopienne.

La certification mise en cause

L’enquête sur l’accident de Lion Air a mis en cause un dysfonctionnement sur le système de stabilisation en vol destiné à éviter un décrochage de l’avion, le MCAS (Manoeuvering Characteristics Augmentation System).

Le MCAS, conçu spécialement pour les 737 max afin de remédier à des moteurs plus gros et plus lourds, met l’avion en « piqué » lorsque l’appareil est en décrochage afin de regagner de la vitesse sur la base d’une appréciation erronée. Le PDG de Boeing, Dennis Muilenburg, a annoncé que le constructeur était sur le point de « finaliser » le développement d’un correctif de ce système.


>>> À LIRE – Qui sont les victimes du crash du vol ET 302 d’Ethiopian Airlines ?


Cette modification ne présage toutefois pas des causes de l’accident du 737 max 8 d’Ethiopian Airlines. Dennis Muilenburg a ajouté que « les enquêteurs continuent à travailler pour établir des conclusions définitives ».

Ce logiciel anti-décrochage est dans le collimateur des autorités à plusieurs titres. Selon le Wall Street Journal ddu 17 mars, le département des Transports (DOT) a ouvert une enquête sur le processus de certification des Boeings 737 max, et particulièrement du système MCAS.

Une enquête du Seattle Times a également mis en cause le procédure de certification du 737 max par l’autorité américaine de régulation, la FAA. Selon ce journal de Seattle, où Boeing a une grande partie de ses activités, le processus de certification a été hâtivement accéléré en 2015. Pis : la FAA aurait délégué une grande partie de la certification du 737 max et de son logiciel MCAS à des ingénieurs de Boeing.

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