Sécurité

Mali : le bilan de l’attaque du camp militaire de Dioura réévalué à 23 morts

Déploiement de policiers et militaires à Bamako, en 2012 (photo d'illustration). © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

23 militaires maliens ont été tués dimanche dans une attaque contre leur camp à Dioura, dans le Centre. Une opération menée, selon Bamako, par un "groupe terroriste" dirigé par un déserteur passé dans les rangs jihadistes.

Le camp de Dioura a été « attaqué aux environs de 6H (GMT et locales) par des terroristes », selon l’armée, qui avait repris le contrôle du poste à 16h dimanche 17 mars. Alors qu’un précédent bilan faisait état de 21 morts, il s’est alourdi lundi soir à 23 soldats tués, selon un communiqué militaire publié lundi en marge d’une visite à Dioura du ministre de la Défense et de responsables de l’état-major.

Le ministre Tiémoko Sangaré, le commandant de l’état-major général des armées et un commandant des Casques bleus de l’ONU « se sont recueillis sur la tombe des 23 frères d’armes tombés les armes à la main le 17 mars 2019 en défendant la patrie », selon un communiqué des Forces armées maliennes (FAMa).

« Je peux vous dire qu’il y avait beaucoup d’émotion à Dioura, mais aussi beaucoup de détermination dans la lutte anti-terroriste », a déclaré un responsable du ministère de la Défense.

Une attaque signée Ba Ag Moussa ?

Selon l’armée, l’attaque de dimanche a été menée par « des groupes terroristes sous le commandement de Ba Ag Moussa », dit Bamoussa, considéré comme un proche du Touareg malien Iyad Ag Ghaly, qui dirige la principale alliance jihadiste du Sahel.

Ex-colonel de l’armée malienne, « Bamoussa » avait déserté en 2006, lors d’une rébellion composée essentiellement de soldats originaires de la ville de Kidal avec la bénédiction d’Iyad Ag Ghaly, avant de rentrer dans le rang. Il déserte de nouveau en 2012, lors de la déroute de l’armée dans le nord du pays face à la rébellion à dominante touareg.

Décrit comme un redoutable guerrier ayant une parfaite connaissance du terrain, l’ex-colonel a depuis mené des attaques contre l’armée malienne dans le centre du pays.

IBK critiqué

L’opposition malienne, réunie au sein du Front pour la Sauvegarde de la Démocratie, a évoqué le plus « lourd bilan » depuis la cuisante défaite de l’armée malienne face à des groupes rebelles touareg et arabes à Kidal (nord) en mai 2014. « Le commandant de compagnie, le capitaine Mohamed Sidati Ould Cheikh est parmi les militaires tombés sous les feux des terroristes », a ajouté l’opposition.

« Toutes nos pensées pour les fiers soldats de l’Armée malienne tombés à Dioura », a réagi le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, que l’opposition exhorte à « prendre les mesures d’urgence qui s’imposent ».

237 attaques recensées en 2018

Malgré la Minusma, une forte présence militaire française et la création de la force régionale du G5-Sahel, les violences jihadistes persistent dans le pays, avec 237 attaques recensées en 2018, selon l’ONU.

Les autorités maliennes et les forces internationales espéraient une baisse des violences dans le centre après avoir donné pour mort fin novembre le chef de la katiba Macina, le prédicateur radical peul Amadou Koufa, lui aussi membre de l’alliance d’Iyad Ag Ghaly. Mais l’homme est réapparu récemment sur une vidéo jugée crédible par l’état-major français, et les violences se sont poursuivies dans la région.

Six militaires maliens ont été tués mardi : leurs véhicules ont sauté sur une mine dans la région de Mopti. Deux soldats français de Barkhane avaient été grièvement blessés quelques jours plus tôt dans leur campement temporaire près de la frontière du Niger.

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