Entreprises & marchés

Bolloré renforce sa présence en Éthiopie

Patrick Gerenthon, directeur de la zone Corne de l'Afrique de Bolloré Transport & Logistics), et Teodros Abraham, directeur général de CLS Logistics, signent le MoU à Addis-Abeba, le 13 mars 2019

Patrick Gerenthon, directeur de la zone Corne de l'Afrique de Bolloré Transport & Logistics), et Teodros Abraham, directeur général de CLS Logistics, signent le MoU à Addis-Abeba, le 13 mars 2019 © BTL

Le français Bolloré Transports & Logistics et l’éthiopien CLS Logistics ont signé le 13 mars, en marge de la visite du président français en Éthiopie, un protocole d’accord à Addis Abeba en vue de créer une co-entreprise.

Après onze ans de partenariat, la collaboration se resserre entre Bolloré Transports & Logistics (BTL) et son allié éthiopien CLS Logistics, tous deux prestataires de transports et de logistique en Éthiopie. Ils ont notamment prévu un investissement de 15 millions d’euros pour le développement d’un hub logistique commun et la construction de 12 000 m² d’entrepôts regroupant plusieurs secteurs d’activité.

Avec 280 entrepôts en Afrique, 14 concessions de ports et 17 terminaux à conteneurs, l’entreprise Bolloré s’est imposé en quinze ans comme le leader de la gestion portuaire et logistique du continent. Transport multimodal, logistique portuaire, consignation maritime, concessions portuaires et ferroviaires… Sur l’ensemble de ses terminaux africains, BTL a traité l’année dernière entre 30 et 50 % de la somme des produits stratégiques du continent tels que le cacao, le bois ou le coton.

Hub logistique majeur

Cette aventure a débuté en 2004, avec la prise en charge des ports de Douala et d’Abidjan. Depuis, le groupe aurait investi entre 1,5 et 2 milliards d’euros dans ses concessions. Jusqu’à récemment, ses succès restaient majoritairement cantonnés à l’Afrique francophone. En Afrique de l’Est, la firme française est plus à la peine. En 2016, le développement du port de Berbera, au Somaliland, lui échappait, au profit du géant de l’industrie portuaire Dubaï Ports World.

BTL est toutefois présent dans le domaine logistique dans plusieurs pays est-africains (le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie), dans lesquels il est en charge de la gestion de ports secs. Le groupe a fait de la modernisation et du développement de ces ports secs l’un de ses chevaux de bataille. Avec le concours de CLS Logistics, il veut faire du port de Modjo, situé à 80 km au sud de la capitale, l’un des hubs logistiques majeurs de la région.


>>> À LIRE : Ports secs : le nouvel atout des logisticiens


Les futurs entrepôts devraient regrouper plusieurs des secteurs stratégiques du pays, tels que le textile, le café, les projets industriels ou encore les infrastructures. Depuis l’arrivée du fils de Vincent Bolloré, Cyrille, à la tête de BTL, l’entreprise a en effet amorcé un virage dans sa stratégie. L’entité souhaite désormais devenir un opérateur logistique global, et s’éloigner de la simple gestion portuaire.

300 emplois locaux

« Ce nouvel accord va nous permettre de consolider notre offre logistique en Éthiopie mais il traduit également notre volonté de nous engager sur le long terme afin de renforcer le secteur logistique national », précise Patrick Gerenthon dans un communiqué. Le manager des cluster de la Corne de l’Afrique pour Bolloré Transport & Logistics promet également des investissements « structurants » et la création de 300 emplois locaux.

Premier opérateur de cette envergure sur le marché, Bolloré a joué un rôle crucial dans la modernisation des ports africains depuis le début des années 2000. Mais la méthode Bolloré, caractérisée par une stratégie réputée offensive d’attribution des marchés, fait aussi grincer des dents sur le continent. Ces dernières années, la firme a connu pas moins de sept litiges concernant l’attribution des ports. Vincent Bolloré lui-même, puis son groupe, ont été mis en examen pour des faits de corruption qui se seraient déroulés au Togo et en Guinée. Une instruction toujours en cours. Dernier coup dur pour le groupe : la perte de la concession du terminal à conteneurs du port de Douala, au Cameroun, qu’il exploitait depuis quinze ans, effective à la fin de cette année.

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